Le Vél’ d’Hiv’

Il y a soixante-dix ans –  Déportation de plus de 13.000 Juifs arrêtés à Paris par la police française.

Aux 50 % des moins de 35 ans, qui devraient méditer cette parole : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » (Winston Churchill)….

(Extrait du film « Elle s’appelait Sarah » 
UGC Distribution – 13 octobre 2010)

La Liberté guidant le Peuple

Image du domaine public - Source : Wikimedia Commons

Eugène Delacroix (1798-1863)
Musée du Louvre – Paris

(…) « Le premier de ces trois hommes était pâle, jeune, grave, avec les lèvres minces et le regard froid. Il avait dans la joue un tic nerveux qui devait le gêner pour sourire. Il était poudré, ganté, brossé, boutonné ; son habit bleu clair ne faisait pas un pli. Il avait une culotte de nankin, des bas blancs, une haute cravate, un jabot plissé, des souliers à boucles d’argent. Les deux autres hommes étaient, l’un, une espèce de géant, l’autre, une espèce de nain.

 Le grand, débraillé dans un vaste habit de drap écarlate, le col nu dans une cravate dénouée tombant plus bas que le jabot, la veste ouverte avec des boutons arrachés, était botté de bottes à revers et avait les cheveux tout hérissés, quoiqu’on y vît un reste de coiffure et d’apprêt ; il y avait de la crinière dans sa perruque. Il avait la petite vérole sur la face, une ride de colère entre les sourcils, le pli de la bonté au coin de la bouche, les lèvres épaisses, les dents grandes, un poing de portefaix, l’oeil éclatant. Le petit était un homme jaune qui, assis, semblait difforme ; il avait la tête renversée en arrière, les yeux injectés de sang, des plaques livides sur le visage, un mouchoir noué sur ses cheveux gras et plats, pas de front, une bouche énorme et terrible. Il avait un pantalon à pied, des pantoufles, un gilet qui semblait avoir été de satin blanc, et par-dessus ce gilet une roule dans les plis de laquelle une ligne dure et droite laissait deviner un poignard. (…)

 Le premier de ces hommes s’appelait Robespierre, le second Danton, le troisième, Marat. »

Extrait de « Quatre-Vingt-Treize » de Victor Hugo : Le Cabaret de la rue Paon.