Cette semaine sont célébrés – de bien belle manière ! – les 90 ans de l’A.O.C. des vins de Cassis.
Menée de main de maître par les « Drailles de la Mémoire » — association locale dont le but est clair : Être conscient des richesses du patrimoine Cassiden, être soucieux de le conserver — une exposition très documentée et passionnante est visible aux Salles Voûtées, situées dans la cour d’honneur de l’Hôtel-de-Ville, place Baragnon, du 1er au 17 mai 2026. Exposition qui vaut amplement le détour !

Chaque soir met à l’honneur un domaine viticole particulier. Nous pûmes assister à la présentation du Domaine du Paternel, vin blanc très connu.

Suivit une dégustation au demeurant fort agréable. Le cru 2025. Nous avons perçu une attaque fruitée et douce, qui laisse une impression de plénitude, équilibrée par une acidité modérée en finale. A noter, une délicieuse longueur en bouche très persistante.

1936 – 2026 : 90 ans ont passé. Pièce intéressante : cet extrait du Journal Officiel de l’époque, où l’on retrouve le nom du Ministre de l’agriculture Paul THELLIER et du Président de la République : Albert LEBRUN (voir plus bas).
Quelques vues de l’exposition :




Joyeux anniversaire, l’AOC des Vins de Cassis ! Mais… Comment cela a-t-il donc commencé ?
Antiquité — Les premiers ceps
La viticulture à Cassis remonte à plus de 2600 ans. Lors de la fondation de Marseille, les Phocéens y plantèrent les premiers ceps, notamment l’Ugni blanc, qui est toujours présent aujourd’hui. La culture de la vigne fut ensuite transmise par les Romains, qui exportaient leur vin par voie maritime, comme en attestent les amphores retrouvées dans la baie.
En l’an 1381 — La première trace écrite
un acte notarié rédigé à l’Arène marque l’apparition écrite la plus ancienne du vignoble cassiden. Au fil des siècles, ce vignoble s’est spécialisé dans la production de vin blanc, un accord parfait avec la cuisine provençale et les saveurs marines. Aujourd’hui, ce premier domaine viticole est connu sous le nom de Clos Sainte-Magdeleine.
Fin du XIXe siècle — La catastrophe du phylloxéra
Totalement anéanti par le phylloxéra, le vignoble est réhabilité dès 1892, sans muscatel, incompatible avec les porte-greffes utilisés. Il est entièrement reconstitué à l’initiative de Joseph Savon, négociant marseillais, suivi par le poète Émile Bodin.
Le 15 mai 1936 — La postérité
Le 15 mai 1936, l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Cassis vit le jour presque simultanément à la création de l’INAO, l’organisme qui décernait ce classement. Cassis fut ainsi la première AOC de France. Le vignoble a obtenu cette distinction pour protéger un héritage viticole en péril, en raison de l’invasion du phylloxéra. Situé sur des terrasses en restanques dans un terroir calcaire bénéficiant d’un climat maritime apaisant, il produit des vins blancs secs au caractère marqué, grâce aux cépages Marsanne et Clairette.
De nos jours — Un vignoble dynamique
Durant les deux dernières décennies, la superficie du vignoble de Cassiden est passée de 180 à 215 hectares. Douze domaines actifs se sont rassemblés au sein du Syndicat des vignerons. Préoccupés par la protection de leur dénomination, les viticulteurs se tournent vers l’agriculture biologique.
Cassis n’a pas eu besoin de faire grand bruit pour faire grand vin. Nichée entre ses calanques et son cap Canaille, loin des appellations tapageuses, elle a simplement continué, siècle après siècle, à faire ce qu’elle sait faire mieux que personne : extraire de la pierre un vin qui goûte le soleil.
Quatre-vingt-dix ans d’AOC ? À peine l’âge de raison, pour un vignoble qui en a deux mille six cents.

Documentation : Made in Marseille – Parc National des Calanques – Wikipedia – Vins de Cassis – INAO – Office du tourisme de Cassis.
Merci Laurent, au nom des Drailles, pour le regard que tu portes sur cette exposition dont tu vantes les mérites de façon originale.
Merci Dominique pour ce gentil message. Au plaisir de nous retrouver. Encore bravo à l’équipe des Drailles de la Mémoire pour tout ce travail exemplaire. Et à son président, bien évidemment !