Sainte-Sophie

Il me revient à l’esprit un cours d’histoire, datant de mes années au collège – ce devait être en 5ème, si mes souvenirs sont bons.

Ce cours est resté gravé dans ma mémoire, grâce au professeur, dont je ne me souviens plus du nom, malheureusement. Il était de ceux qui parvenaient à nous passionner par son érudition, par la clarté de ses propos et la richesse des explications qu’il nous apportait.

Ce jour-là, il nous avait parlé de l’empereur Justinien, plus grand empereur de l’Empire byzantin. Il nous avait narré son histoire qui nous avait fait tant rêver, les yeux fixés sur ces grandes cartes murales d’alors.

L’un des points qui furent développés par notre professeur concernait la basilique Sainte-Sophie, située à Constantinople. Car après sa destruction, à la suite d’émeutes, elle fut reconstruite par notre empereur Justinien, qui posa, d’ailleurs, en personne, la première pierre. 

Cela se passait en 532. Il y a 1488 ans de cela. Observons de plus près la trajectoire incroyable de cet édifice si particulier.

Au cours de son existence, cette basilique ne souffrit pas uniquement de la folie des hommes, elle dut affronter des incendies, puis également – et surtout – plusieurs séismes, souvent meurtriers. L’un d’eux détruisit totalement le dôme central. Mais l’église fut reconstruite à chaque fois. 

Elle fut le siège du patriarche orthodoxe de Constantinople.

Plus tard, lors des croisades, l’église fut pillée par les croisés. Elle devint le siège du patriarche latin de Constantinople. 

Quelques séismes plus tard, les Byzantins reprirent la ville. Nous étions en 1261.

Lors de la conquête de Constantinople par les Ottomans, Sainte-Sophie fut transformée en mosquée, en 1453. Mais elle ne fut pas pillée.

Régulièrement, il y eut des restaurations. 

Lors de l’instauration de la république de Turquie, en 1918, Mustafa Kemal Atatürk poursuivit la restauration de l’édifice et, en 1934, il décida de désaffecter le lieu de culte pour « l’offrir à l’humanité ». Sainte-Sophie devint un musée.

Image libre de droits

On a dénombré pas moins de seize séismes, entre 553 et 1999.   

Ainsi, au fil de son Histoire, Sainte-Sophie fut basilique chrétienne, mosquée, puis musée. La folie des hommes ? Parlons-en.

En 2012, un parti islamo-conservateur insista pour que le musée redevienne mosquée. En 2013 l’idée progressa au sein du gouvernement de la même couleur politique dirigé par Recep Tayyip Erdogan. De nombreuses voix s’élevèrent alors dans le monde, pour tenter d’empêcher cet acte assimilé à « un geste de provocation et de division ». 

Las ! Le 10 juillet 2020, le pas a été franchi : Sainte-Sophie de Constantinople, jadis basilique chrétienne, actuel musée et site du patrimoine mondial de l’UNESCO, avant tout symbole de laïcité, deviendra mosquée. Confisquée à l’humanité.

Geste de provocation et de division. 

J’aurais aimé évoquer cet acte avec mon professeur de 5ème.

Mustafa Kemal Atatürk, quant à lui, a dû – une nouvelle fois, sans doute – se retourner dans sa tombe.

Intérieur de Sainte-Sophie – Image libre de droits

Célébrons le printemps

Chaque année, l’arrivée du printemps revêt une dimension particulière. Avec la nature et les éléments, nous comprenons que les mois d’hiver s’éloignent enfin pour laisser place à une lumière renouvelée, à une chaleur douce, toutes deux ô combien réconfortantes. Les jours, enfin, ont vaincu les ténèbres. Jusqu’à la fin juin, car le jour le plus long entamera déjà la lente descente qui nous conduira, fin du mois de décembre, à la nuit la plus longue. Mais l’heure est à la célébration du printemps, à cette renaissance de la nature. Apprécions simplement l’instant présent et, avec nos yeux emerveillés des premiers jours, admirons les premiers indices de cette vie nouvelle qui éclot, aux couleurs éclatantes, aux parfums délicats. Pour évoquer cette beauté une et multiple, seul le Poète trouverait les mots justes. Alors, silence.

Respectus Panis

Un petit historique s’impose, afin de mettre en perspective cette démarche si particulière qui sera évoquée plus bas.

Il y moult années (mais alors, très moult) je m’étais déjà questionné sur mon alimentation. Et en particulier sur cet aliment central qu’est le pain. J’avais de plus en plus de mal à me contenter de ce qui était proposé dans nos boulangeries classiques. Ces pains blancs, devenus majoritaires, sans âme, aux goûts absents ; la chimie avait peu à peu pris place dans ce nouveau monde de la productivité à outrance, jusqu’au sacrifice des traditions séculaires sur l’autel du « toujours-plus », des impérieuses nécessités de notre temps. Ces additifs et autres adjuvants, ce gluten dont certains sont devenus intolérants, alors que le gluten n’est pas négatif, arrêtons-nous un instant : Contrairement à ce que l’on peut croire : cette protéine, qui permet la germination des graines, contribue ensuite à la tenue de la pâte, en développant un réseau élastique et lui permet de lever. Précisons que dans les blés anciens, le gluten était moins présent que dans les blés actuels. Nous en revenons aux notions de rendement, de productivité ; les multiples croisements génétiques des blés dits « modernes » ont contribué à augmenter toujours plus (revoilà le « toujours-plus ») de concentration de gluten. Cela a provoqué des difficultés de digestion du gluten de plus en plus importantes, pour certains organismes. Sans parler de conservations de ces « pains » réduites à néant, de ce goût de levure trop présent. Quelque chose s’était emballé, s’était cassé, dans le monde de la boulangerie.

Peu à peu, des réactions se sont faites entendre. Les clients se sont peu à peu écartés de ces boulangeries égarées, possédées par cette illusion d’un enrichissement au détriment de la qualité et du respect du client. Une forme de résistance s’était alors initiée. Des boulangers ont fait le choix de revenir aux valeurs premières de leur noble métier et qui ont décidé d’utiliser quotidiennement des farines de blés – purs, sans additifs -, le levain et de privilégier les pousses longues ; parlons aussi des emblématiques boulangers-paysans qui sont : « paysans, meuniers, boulangers et commerçants ». Par ailleurs, de plus en plus de personnes se sont également mises à faire leur propre pain. Louable démarche. J’en ai fait partie. Car quelle plus belle satisfaction que de déguster un pain que nous avons fait nous-même. Eau, farine, levure. Acte I. Dans ce nouveau monde, il y avait de quoi apprendre. Tant au niveau de la panification que de la cuisson : plaque du four ou en cocotte ? Nous avons essayé les deux. Sur plaque du four, il faut veiller à produire de la vapeur, de la buée, en début de cuisson, nécessaire pour la formation de la croûte. En cocotte, on s’affranchit de cette étape, puisque l’humidité contenue dans le pâton ne sort pas de la cocotte durant la cuisson. Quant à la panification, nous avons essayé d’abord la méthode « expresse » : farine – eau – levure, on mélange tout, sans même pétrir, une nuit au frigo, cuisson cocotte le lendemain : formidable ! Un beau pain bien doré. (On cuit en général 30 minutes couvercle fermé, puis autant couvercle retiré, pour dorer la croûte). Pour varier, nous pouvons aussi mélanger les farines (blé, seigle, épeautre), le mode de cuisson, gros pain ou baguettes ? Il y avait un côté magique. Et encore une fois : quelle satisfaction que de réaliser son propre pain !

Puis un autre élément allait bouleverser cette pratique : le levain. Quelle découverte ! L’idée de remplacer la levure nous plaçait définitivement sur la voie d’une auto-suffisance espérée. Il fallait bien sûr trouver des farines bio sans additifs, mais nous savions où nous adresser. Le reste allait de soi. Il aura fallu des semaines pour créer notre levain. Ce ne fut que la troisième tentative qui fut la bonne. « Levain III » survécut. Acte II. Rafraîchissements, levain actif, pâte, cuisson, pain. Un goût différent, une conservation plus longue. Quel plaisir !

Et puis, j’ai découvert une démarche bien plus particulière contenue dans deux mots empruntés à la langue latine : « Respectus Panis ». Des « Ambassadeurs du pain » avaient posé un constat, que j’évoquais plus haut : « La mode du pain blanc est allée trop loin ». Précisant que par cette mode, « le pain blanc était désormais devenu malsain et sans goût ». Ils entreprirent d’établir une « nouvelle approche de la panification, plus respectueuse du consommateur, de sa santé, du goût, de l’écosystème et des blés ». En gros, ces Ambassadeurs prônaient « l’utilisation de farines non modifiées, moins blanches (T80), l’utilisation de blés anciens, l’utilisation plus courante du levain dans des quantités extrêmement réduites, le réduction du sel, des temps de pétrissage courts, une fermentation à température ambiante, une fermentation longue ». Il n’en fallut pas moins pour me plonger dans la plus grande des perplexités et dans la plus grande des curiosités. Je n’en croyais pas mes yeux. Je me suis bien documenté et je me suis lancé. Passionnant ! Acte III.

Le Levain III était bien actif, la farine T80 disponible, l’eau également. ne voulant rien laisser au hasard, j’ai retenu une règle donnée par le chef boulanger Fabrice COTTEZ qui développe une magnifique chaîne sur YouTube : « Boulangerie Pas à Pas » (lien en fin d’article). Il y abordait la notion de « Température de base ». Grâce à cela, nous pouvons adapter la température de l’eau. Cela fonctionne ainsi :

Température de base – Température de la pièce où on se trouve – Température de la farine = Température de l’eau.

Pour un pétrissage à la main – c’était notre cas – la Température de base était fixée à 70. Le lieu où nous étions était à 20°C. La farine, quant à elle, avait une température de 20°C également.

Rapide calcul : 70 – 20 – 20 = 30. L’eau devrait donc être à 30°C (ceci pour favoriser une fermentation optimale).

Notre recette :

Eau : 68 %
Levain : 0,5 %
Sel : 1,6 %

Cette notation permet de trouver toujours les bonnes proportions à partir du poids de farine. Ainsi, nous avons 68 % d’hydratation (pour une température de base de 70°), ce qui, pour 500 grammes de farine nous donne 340 grammes. De la même manière, cela nous fera 2,5 grammes de levain et 8 grammes de sel.

Commençons.

La farine était à 20° et l’eau, a-t-on calculé plus haut, à 30 °.

Environ 2 grammes de levain, c’est-à-dire une cuillère à café, que l’on dilue dans l’eau tiède.

On démarre le frasage (action de combiner eau et farine). Nous ajoutons 8 grammes de sel.

Au bout de trois minutes, la pâte commence à se tenir. Bien que très collante. On filme le bol et on laisse reposer 30 minutes à température ambiante. Auparavant nous avions pris la température de la pâte : un peu plus de 24 degrés. Parfait !

Après ce temps de repos, nous avions fait quelques rabats (action de ramener chaque bord vers le centre en étirant légèrement. Ainsi, on n’écrase pas la pâte, on ne l’agresse pas).

On sent la pâte prendre de la force, du corps. Nouveau repos d’environ 2 heures. (Que la Force soit avec ma pâte).

Après cette nouvelle pousse, un rabat, un boulage (action de former une boule avec le pâton).

Et c’est parti pour une pousse longue d’environ 18 ou 20 heures à 19°, dans mon entrée où il fait précisément cette température.

Après 20 heures de pousse, on pouvait constater des bulles sur la surface (comme en dessous). Il y a de la réaction ! Malgré son poids très faible, le levain a donc fait son oeuvre. Bien sûr, il lui aura fallu davantage de temps. Mais n’est-on pas là dans le vrai ? Ne serait-ce pas cette configuration qui devrait prévaloir ?

Nous avons procédé ensuite à quelques rabats sans brusquer (4 à 6). Et, à nouveau, nous avons boulé.

Nouvelle pousse de 2 ou 3 heures à température ambiante. Puis de nouveaux rabats.

Ultime phase de pousse de 2 heures, l’apprêt. Ensuite nous avons bien fariné le dessus puis procédé à la scarification : action de couper dans le pâton, avec une lame de rasoir par exemple, délicatement tout de même, des lignes d’un centimètre de profondeur environ, ce qui donnera au pain, durant la cuisson, la possibilité de se développer, de s’ouvrir. Il faudra penser à préchauffer le four à 230°, plus de trente minutes avant l’enfournement, afin qu’il soit bien chaud.

Le four bien chaud, nous avons disposé la cocotte, couvercle fermé. Cuisson 30 minutes avec couvercle puis 20 minutes sans couvercle, pour dorer la croûte.

Le pain est parfait. On le place sur grille dès la sortie du four, pour la phase de ressuage (évacuation de l’humidité contenue dans la mie), durant 30 minutes.

Il sonnait bien creux. A la découpe, de belles alvéoles sont visibles. La croûte magnifique, un croustillant exceptionnel. Quant au goût : des saveurs subtiles, tout en douceur, tout en fraîcheur. Un autre monde.

Un vrai bonheur.

Pour résumer, il faut prévoir un peu plus de 24 heures, du commencement à la sortie du four. Il suffit de pouvoir s’organiser.

La veille : en début d’après-midi, du frasage à la mise en fermentation : environ 3 heures tout compris. Mise en pousse longue entre 18 et 20 heures. Le lendemain, début d’après-midi, deuxième phase : rabats, boulages, pousses : environ 5 heures.

Quelques repères : si on commence la veille à 8h00, la cuisson sera terminée au maximum le lendemain vers midi. Si on commence à 10 heures la veille, la cuisson sera finie le lendemain vers 14 heures. Un démarrage à 13 heures la veille nous conduira à 17h00 le lendemain, pour le pain cuit. Enfin, en débutant à 18h00 la veille, nous terminerons la cuisson le lendemain vers 22h00.

Dites-moi si vous avez essayé cette manière de faire, Respectus Panis, ce que vous en avez retenu, quel résultat vous avez obtenu. Ou, plus généralement, si vous faites vous-même votre pain, de quelle manière ? Avec quelles farines ? Cuisson sur plaque de four ou cocotte ?

A la prochaine !

Prenez surtout bien soin de vous et de vos proches.


Notes :

• Le site des Ambassadeurs du Pain.

• Leur page consacrée au Respectus Panis.

• La chaîne Youtube Boulangerie Pas à Pas.

• Le site des Boulangers-Paysans.

Quand nous chanterons le temps des cerises

C’était hier le premier jour du printemps. Dans notre époque curieuse, essayons d’apercevoir cette lumière nouvelle, d’entendre le retour des oiseaux, de sentir les doux parfums de cette nature qui renaît. 

Car oui, quelle drôle d’époque. Le confinement est une situation nouvelle, inconnue. Qui aurait pu imaginer pareille situation même dans ses rêves les plus fous ?

Il est difficile de sortir, alors plongeons dans nos souvenirs du monde d’avant : le printemps, c’est aussi le temps des cerises. Cette immortelle chanson de Jean-Baptiste Clément, qu’il dédicaça à une infirmière inconnue, disparue dans la sanglante Commune de Paris. En voici les premiers vers :

« Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur »

Michel Fugain en a fait une chanson, qu’il nous a rappelée lors de son spectacle, donné très récemment à la Chaudronnerie, à La Ciotat.

La forme de ce spectacle fut bien particulière : une « Causerie musicale ». Voici comment l’artiste lui-même avait imaginé cela :

« 1000 fois j’ai entendu : Vous faites d’abord la musique ou les paroles ? Qu’est-ce qui vous a inspiré cette chanson ? Comment ça vous vient ?  C’est un métier ou un passe-temps ? Un hobbie ?…  Autant de questions qui prouvent la fascination qu’éprouvent les gens qui aiment les chansons, qu’elles soient populaires, engagées ou plus intimes pour cet « art immédiat » et ses mystères.

J’ai donc imaginé ces « CAUSERIES MUSICALES » comme des rencontres conviviales, divertissantes et interactives, illustrées par des chansons, des anecdotes et des réflexions plus profondes car les chansons sont aussi et toujours des marqueurs précis d’une époque et d’une société. »

Quel moment formidable ! Michel Fugain est véritablement un grand artiste. Nous étions si heureux d’avoir assisté à son spectacle, de remonter ainsi à notre enfance, à notre jeunesse…

C’était il n’y a pas si longtemps, mais il me semble déjà que c’était il y a un siècle.

Que ce printemps vous soit lumineux, les amis !

Depuis le temps…

Celles et ceux qui me connaissent savent que, depuis quelques années, la pâtisserie est devenue pour moi un passe-temps de premier plan. Une vraie passion. Certains articles, dans ce blog, en témoignent, en cherchant bien.

Non loin de cette discipline, je me suis lancé, non sans abandonner la pâtisserie, dans la boulangerie. Oui, vous avez bien lu. D’aucuns diront que les deux spécialités vont de paire, qu’en général, boulangerie ne va pas sans pâtisserie. « Boulangerie-Pâtisserie » nous brandissent nombre d’enseignes. Oui, certes. Néanmoins, objecterais-je, il s’agit toutefois de deux spécialités bien spécifiques. Et si je me sens assez à l’aise en pâtisserie, j’ai toujours regardé du côté de la boulangerie avec envie, respect, mais tout en me disant que c’était sans doute trop compliqué, que jamais à la maison, les modes de cuisson propres à la boulangerie ne pourraient être reproduits facilement, avec les fours dont on dispose, toutes et tous.

Plusieurs discussions récentes avec un ami avait ravivé mon intérêt pour la chose boulangère. Nous parions principalement de températures et durées de cuisson, de buée (si, si !) et de levain. Ah ! Le levain ! J’y reviendrai. Et il aura fallu une démonstration récente, dans la famille, pour me prouver que oui ! Cuire du (vrai) pain à la maison était chose possible.

Cet événement m’a montré une méthode minimale mais ô combien efficace. De la farine, de la levure, du sel et de l’eau. On mélange rapidement puis on laisse reposer une nuit. Le lendemain, on prend la pâte que l’on place dans une cocotte en fonte. Cuisson : 30 minutes avec couvercle et 30 minutes sans à 240 degrés. Et ça fonctionne !

J’ai, sans attendre, tenté de faire de même une fois chez moi. Quelques infirmations gênées sur Internet et zou ! Seul petit hic : mon four est « bridé » à 220 degrés. Ce qui semblait un peu moyen pour les besoins propres à la boulangerie. Qu’à cela ne tienne ! j’ai préparé un pâton de 500 grammes constitué intégralement de farine de petit épeautre. Levure, sel et eau. Une nuit au frigo pour une pousse lente. Le lendemain enfournement, 30 minutes avec couvercle et 30 minutes sans. Verdict : Impeccable !

La mie était assez dense, mais la croûte était parfaite. Les saveurs de la farine de petit épeautre sont toutefois assez particulières, mais on s’y fait. Mon premier pain !

Quelques jours plus tard, me prenant au jeu, je cherchais à me perfectionner en suivant sur Youtube la chaîne « Boulangerie pas à pas » tenue par un jeune professeur de boulangerie très sympathique [https://www.youtube.com/user/fabcot/videos]. Je notais les temps de pétrissage, les temps de pousse, les conseils divers donnés, j’observais avec grande attention les gestes techniques, puis je me suis lancé une nouvelle fois.

Equipé, si je puis dire, de farine de blé T150 et de farine de seigle, je décidais de démarrer avec un kilo de farine réparti ainsi : 900 grammes de T150 et 100 grammes de seigle. Je suivais mes précieuses notes : 67 % d’eau, 1 % de levure et 1,8 % de sel. Le pétrissage a été confié à mon robot pâtissier (échange de bons procédés) : dans le bol, l’eau d’abord, puis tout le reste ; 4 minutes de pétrissage en première vitesse, avec le crochet, et 6 minutes en deuxième. La pâte était déjà belle, avec une teinte particulière, propre à la farine T 150.

J’ai rabattu ensuite, sur le plan de travail, le pâton, en étirant les bords avant de les ramener sur le pâton, cela donne de la force à la pâte. Suivirent 35 minutes de pointage. J’ai procédé ensuite à la division (j’avais choisi, avec une masse totale d’environ 1500 grammes, de partager le pâton en trois fois 500 grammes). J’ai « boulé » chaque morceau de pâte ainsi obtenu (c’est-à-dire donner, grâce à un mouvement rotatif de la main, une forme de boule à chaque subdivision). Après dix minutes de détente, je passais au façonnage, transformant chacune des trois boules en forme allongée (semblable à un pain). J’ai procédé ensuite à la scarification (avec une lame bien aiguisée, voire une lame de rasoir ; cela consiste à entailler chaque pâton afin de favoriser le bon développement de la croûte).

J’ai patienté une heure (l’apprêt) tout en préchauffant le four au maximum (un tout petit peu plus de 220 degrés). Dans le bas, j’ai déposé un bol dans lequel j’ai versé, au moment de l’enfournage des pains, de l’eau bouillante : l’effet de buée ainsi obtenu est important, pour la formation de la croûte, je crois. 25 minutes de cuisson. En les tapotant à la sortie du four ça sonnait bien creux. Trois pains réalisés ! Sans cocotte, cette fois.

Prochaine étape : le levain. Mais d’ores et déjà, quel bonheur de savoir qu’avec de la farine correcte (je me fournis à la Vie Claire, j’y trouve un très bon choix de farines non raffinées et pas seulement de blé) le rêve peut devenir réalité.

Enfin, contrairement à la pâtisserie, où l’on croise différents parfums, différentes textures, différentes recettes, ce qui fait la richesse de cette discipline, lorsqu’on fait son pain, on se retrouve devant cette matière noble : la farine. Et l’eau, élément primordial. C’est tout. En évoquant les éléments : l’eau, donc, la farine, de la terre, issue des blés qui ont mûri sous le feu (autre élément) du soleil. Revenons sur la notion de « fruit de la terre ». Une des bénédictions du soir de Chabbat nous dit :

Baruch atah, Adonaï Eloheinu, Melech haolam, haMotzi lechem min haaretz.

Béni sois-tu, Adonaï notre Dieu, Roi de l’univers, qui fais sortir le pain de la terre.

Dans la liturgie Chrétienne on trouve ces mots :

Le pain, fruit de la terre et du travail des hommes.

On constate que le pain occupe une place particulière dans le domaine spirituel. Il est vrai que manipuler, rassembler ces ingrédients, les pétrir dans le respect, les faire pousser, avec patience, jusqu’à la cuisson qui donnera le pain, cet aliment de base traditionnel pour de nombreuses cultures, c’est quelque chose…

A bientôt pour l’étape suivante : le levain ! Vos commentaires me seront précieux, tout comme vos remarques. C’est un domaine tout nouveau pour moi, mais dont je rêvais depuis si longtemps…

C’est simplement passionnant !

Après une si longue absence…

Oui, je dois l’avouer. Que voulez-vous ? Les aléas de la vie ne permettent pas toujours de faire ce que l’on veut. Il y a aussi ce temps ; pas celui qu’il fait, mais celui qui passe : il ne passe plus, il défile à une vitesse supersonique. C’est du moins ce que je ressens depuis un certain… temps.

Et puis, faire vivre un blog c’est principalement écrire. Or, je n’ai pas abandonné l’écriture. Loin s’en faut. Disons que je me suis lancé dans un projet de plus grande envergure, dont je parlerai peut-être un jour. Mais pour l’instant, chut !

Je découvre, à l’occasion de ce retour, que WordPress a déployé une mise à jour importante à laquelle est associé un nouvel habillage nommé « Twenty Twenty ». A essayer peut-être.

Il est temps pour moi de vous souhaiter un excellent week-end, car un nouvel article m’appelle. Sur une découverte récente qui correspond à une passion de très longue date.

Alors, à bientôt !

(Promis !)

Vertiges

Vous souvenez-vous des sondes Voyager 1 et 2 lancées il y a une quarantaine d’années ?

Eh bien Voyager 1 devrait croiser l’étoile AC+79 3888, dans la constellation de la Girafe, dans 40.000 ans, tandis que Voyager 2 prendrait le cap de Sirius, la plus brillante des étoiles de notre voûte céleste, qu’elle atteindra dans 296.000 ans. 

Bon voyage !…

Liens :

Futura Science : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-spatiale-sondes-voyager-1-2-fetent-leurs-40-ans-loin-humanite-12685/

Un crash aérien dans le Vaucluse

Nous avons vécu, le mercredi 10 octobre dernier, un exercice d’ampleur, dans le cadre de la Sécurité Civile.

Rappelons que l’ADRASEC, à l’échelle départementale, (Associations Départementales des RAdioamateurs au service de la SEcurité Civile) et la FNRASEC (nationalement) regroupent radioamateurs et écouteurs, qui se mettent bénévolement au service de la Sécurité civile en France en cas de crise telle que le plan ORSEC ou SATER.

Nous avons pris connaissance, quelques jours après l’exercice, d’un reportage du journal « Midi Libre » relatif à cet événement. Mais l’article fut plus que bref et n’a nullement évoqué les radioamateurs présents ni leur mission.

(…) Dans la journée de ce mercredi 10 octobre, se déroule un exercice de sécurité civile, organisé par la préfecture de Vaucluse. Baptisé SAREX84, cet exercice a pour but de simuler le crash d’un aéronef et tester la mobilisation de moyens de recherche aériens et terrestres.
Un exercice simulant un crash aérien est en train d’être vécu dans une partie du ciel du Vaucluse. Il s’agit pour les différents acteurs de la sécurité du territoire de tester leurs moyens.
L’exercice se passe sur un périmètre délimité par les communes de Carpentras, Gigondas, Bédoin et Malaucène. Ainsi, à cette occasion, trois hélicoptères issus de la BA115 d’Orange, escadron « Alpilles », de la section aérienne de la gendarmerie de Digne-les-Bains et de la Sécurité civile survoleront le département. Des opérations de recherche et de sauvetage par voies aériennes, mais aussi terrestre, sont accomplies. (…)

Voir l’article complet sur le site de Midi Libre

Le passage « mais aussi terrestre » nous concernait.

Allons voir de plus près ce que fut l’action des radioamateurs de l’ADRASEC.

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Découverte de la République tchèque

Afin de planter le décor, voici quelques informations glanées sur Wikivoyages : La République tchèque ou Tchéquie est un pays européen d’Europe centrale, frontalier de l’Allemagne à l’ouest, de la Pologne au nord-est, de la Slovaquie au sud-est, de l’Autriche au sud, et faisant partie de l’Union européenne.

Quel plaisir de pouvoir ainsi découvrir, non loin de chez nous, un pays aux mille facettes, aux habitants extraordinaires, à l’histoire passionnante… Une semaine de visites extraordinaires.

Tout commença par un déjeuner local qui fut le bienvenu.

Premier contact avec ce pays qui n’est pas dans la Zone euro. Ici règne la Couronne Tchèque. La parité entre les deux monnaies : 1 Euro = 25,65 Couronnes environ. Revenons à nos photos. Ce genre de Goulach, est un plat composé de viande de bœuf, de bouillon de bœuf relevé avec du paprika, des oignons et des poivrons. Il est servi avec des knedliky, qui sont des tranches de pain bouilli. Sans oublier la bière (qui se dit « Pivo » en Tchèque), boisson typique.

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Joueurs de Blues

Le 13 octobre, au Silo, nous avons eu l’immense joie d’assister au concert de l’immense Michel JONASZ et son Quartet de Jazz ! Aux côtés du Maître : Manu KATCHE à la batterie et aux percussions, Jean-Yves d’ANGELO au piano et Jérôme REGARD à la contrebasse.

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