La rue du 22 novembre, à Strasbourg

Combien de plaques, indiquant des noms de rues avec des dates, croisons-nous dans nos villes ? Il en est une qui ne quittera jamais ma mémoire. Celle qui se trouve à Strasbourg, ville si chère à mon cœur. Je veux parler de la « rue du 22 novembre ».

Celle-ci célèbre la Libération de Strasbourg, en 1918, réalisée par la Quatrième Armée française menée par le général Henri Gouraud. Les troupes arrivèrent par cette rue, appelée à l’époque Neue Strasse « rue Neuve ». Les fenêtres de toutes les maisons étaient décorées de drapeaux tricolores. Une liesse indescriptible avait gagné la population. Rendez-vous compte : depuis près d’un demi-siècle, quarante-huit ans précisément, l’Alsace fut allemande. Capitale du Reichsland Elsass-Lothringen (Alsace-Lorraine). (1)

Poincaré et Clémenceau avaient été accueillis en Alsace et en Lorraine début décembre pour préparer le retour de ces terres à la France – retour qui fut acté dans le traité de Versailles. L’Alsace et la Lorraine redevinrent françaises, tout en conservant un régime juridique particulier (que l’on appelle le Droit Local) et ce territoire fut partagé en trois départements : la Moselle, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. 

En 1919, la Rue Neuve fut rebaptisée « Rue du 22 novembre », en mémoire de ce haut fait. 

Il s’en fallut de très peu pour qu’en 1944, cette fois, la ville de Strasbourg ne fût libérée à nouveau un 22 novembre. Cette libération a eu lieu le 23 novembre 1944. En voici un petit rappel :

Dans la nuit du 22 au 23 novembre 1944, près de six mois après le Débarquement des Alliés en Normandie, la Deuxième Division Blindée, commandée par le général Philippe Leclerc, pénétra dans la ville. En premier lieu, le Sixième Corps d’armée Américain fût chargé de cette opération. Mais il n’était pas prêt à ce moment. Le général Leclerc reçut donc l’ordre d’aller libérer Strasbourg. 

C’est ainsi qu’à 7 h 00, le 23 novembre 1944, la 2DB de Leclerc se mit en marche vers Strasbourg, en cinq colonnes. Des Maquisards alsaciens servaient de guides. Rencontrant différentes poches de résistance, les hommes de la 2DB purent compter sur la connaissance parfaite du terrain des FFI alsaciens qui les sortirent des difficultés et permirent aux libérateurs de faire leur entrée dans Strasbourg. (2) Une partie de la 2DB poursuivit jusqu’au Pont de Kehl, tandis que les autres colonnes fondirent sur la ville.

Notre rue du 22 novembre s’appelait à cette époque — depuis 1940 précisément — « Strasse des 19. Juni », rue du 19 juin (en référence à l’arrivée des troupes allemandes dans Strasbourg).

À Strasbourg, personne ne semblait s’y attendre. Ni les Français, ni les Allemands. Les chars dévalèrent les rues, tandis que certains de ces derniers parvinrent à s’enfuir en Allemagne (profitant de la frontière relativement proche). 

Un Allemand se promenait à cheval, dans les rues de Strasbourg, comme chaque matin depuis si longtemps. Il appréciait le calme de ce moment de la journée, lorsque tout paraissait encore endormi, apaisé. Instant bucolique. Tout à coup, il se retrouva, en un clin d’œil, entouré de cinq chars Sherman assourdissants. Le cavalier eut du mal à maîtriser sa monture, effrayée par ce vacarme soudain. L’Allemand mit finalement, non sans mal, pied à terre. Autant subjugué que son animal, il sera arrêté sur le champ. Les hommes de la 2DB venaient de capturer rien de moins que le chef d’état-major du général Vaterrodt, commandant la place de Strasbourg !

Le drapeau de la France flottera sur la Cathédrale de Strasbourg à 14 h 20. « Le 23 novembre 1944 à 14 h 20, Emilienne Lorentz, tient, avec son mari, une boucherie place Saint-Etienne. Elle coud à la demande des soldats, un drapeau dans un morceau de drap blanc partiellement teint en bleu de méthylène et y ajoute un bout de l’étendard nazi rouge. Ce drapeau improvisé est ensuite hissé au sommet de la cathédrale par Maurice Lebrun, pilote de char du 1er Régiment de Marche des Spahis Marocains. Le général Leclerc et ses hommes de la 2e DB venaient de réaliser le serment qu’ils avaient prêté à Koufra, en mars 1941. » (3) Pour mémoire, le serment prononcé après la bataille de Koufra du 2 mars 1941 disait : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Tel fut le serment que prêta le colonel Leclerc avec ses hommes et qui restera dans la postérité comme étant le « serment de Koufra ».

Mais la tranquillité ne revint pas pour autant, dans les rues et les environs. Des milliers d’Allemands capturés plus tard, l’ancien maire Charles Frey reprit ses fonctions le 27 novembre et le général de Gaulle avait nommé Charles Blondel commissaire de la République ainsi que Gaston Haellig, préfet. 

Mais ce ne fut qu’en janvier 1945 que la ville retrouva un certain calme, qui sera parfois troublé par des tirs d’artillerie qui se prolongeront jusqu’en mai 1945…

Revenons un instant en 1910. La rue du 22 novembre telle que nous la connaissons n’existait pas encore. Car de nombreuses maisons alsaciennes, en tous points semblables à celles que l’on peut admirer de nos jours dans le charmant quartier de la Petite France, se trouvaient à cet endroit. En 1910, donc, fut réalisée une « grande percée », faisant peu cas des demeures pittoresques, qui furent détruites, pour des motifs liés à la sécurité et à la propreté, avait-on dit, en ce temps-là. Les habitants furent relogés dans un quartier différent.


C’est ainsi qu’une petite plaque indiquant la dénomination d’une rue peut nous projeter dans les courants d’une Histoire qui démontre combien l’Alsace a été ballottée au gré des soubresauts internationaux. Devenue aujourd’hui capitale de l’Europe, elle a su traverser les époques, parfois théâtre de drames terribles, parfois exprimant une joie à nulle autre pareille. Et l’on comprend, avec un tel passé, combien personne ne peut tenter de gommer la dimension réelle de cette région, comme ce fut le cas avec la création malheureuse du vocable « Grand Est », sans grand relief, aseptisé, d’où le nom « Alsace » n’apparaissait même plus. 

Des voix s’étaient alors élevées. Des crêpes noirs surgirent sur de nombreux panneaux de villes et villages alsaciens. Des autocollants « Alsace » furent apposés en masse sur l’emplacement « Grand Est » des plaques d’immatriculation (il n’y a pas de petite révolte) ;o). Et l’on put compter sur l’opiniâtreté des Alsaciens qui obtinrent qu’en 2021 soit créée la Collectivité européenne d’Alsace, qui restera néanmoins dans la région Grand Est. 

Mais ceci sera une autre histoire. Une histoire nouvelle pour notre belle Alsace qui poursuit sa route vers une destinée inédite, et dont les racines plongent en l’an 740. A cette époque, le terme latin « Alisatia » désignait un duché mérovingien éphémère qui, bien que dissous par Charles Martel, était déjà devenu une principauté puissante. Déjà… 


Prenez bien soin de vous, amies lectrices et amis lecteurs.

Notes :

(1) Strasbourg Magazine numéro 197. 

(2) « La Lettre de la Fondation de la Résistance » n° 85, juin 2016, p. IV. Téléchargement.

(3) Site des Musées de Strasbourg (consulté le 22 novembre 2020).

Sainte-Sophie

Il me revient à l’esprit un cours d’histoire, datant de mes années au collège – ce devait être en 5ème, si mes souvenirs sont bons.

Ce cours est resté gravé dans ma mémoire, grâce au professeur, dont je ne me souviens plus du nom, malheureusement. Il était de ceux qui parvenaient à nous passionner par son érudition, par la clarté de ses propos et la richesse des explications qu’il nous apportait.

Ce jour-là, il nous avait parlé de l’empereur Justinien, plus grand empereur de l’Empire byzantin. Il nous avait narré son histoire qui nous avait fait tant rêver, les yeux fixés sur ces grandes cartes murales d’alors.

L’un des points qui furent développés par notre professeur concernait la basilique Sainte-Sophie, située à Constantinople. Car après sa destruction, à la suite d’émeutes, elle fut reconstruite par notre empereur Justinien, qui posa, d’ailleurs, en personne, la première pierre. 

Cela se passait en 532. Il y a 1488 ans de cela. Observons de plus près la trajectoire incroyable de cet édifice si particulier.

Au cours de son existence, cette basilique ne souffrit pas uniquement de la folie des hommes, elle dut affronter des incendies, puis également – et surtout – plusieurs séismes, souvent meurtriers. L’un d’eux détruisit totalement le dôme central. Mais l’église fut reconstruite à chaque fois. 

Elle fut le siège du patriarche orthodoxe de Constantinople.

Plus tard, lors des croisades, l’église fut pillée par les croisés. Elle devint le siège du patriarche latin de Constantinople. 

Quelques séismes plus tard, les Byzantins reprirent la ville. Nous étions en 1261.

Lors de la conquête de Constantinople par les Ottomans, Sainte-Sophie fut transformée en mosquée, en 1453. Mais elle ne fut pas pillée.

Régulièrement, il y eut des restaurations. 

Lors de l’instauration de la république de Turquie, en 1918, Mustafa Kemal Atatürk poursuivit la restauration de l’édifice et, en 1934, il décida de désaffecter le lieu de culte pour « l’offrir à l’humanité ». Sainte-Sophie devint un musée.

Image libre de droits

On a dénombré pas moins de seize séismes, entre 553 et 1999.   

Ainsi, au fil de son Histoire, Sainte-Sophie fut basilique chrétienne, mosquée, puis musée. La folie des hommes ? Parlons-en.

En 2012, un parti islamo-conservateur insista pour que le musée redevienne mosquée. En 2013 l’idée progressa au sein du gouvernement de la même couleur politique dirigé par Recep Tayyip Erdogan. De nombreuses voix s’élevèrent alors dans le monde, pour tenter d’empêcher cet acte assimilé à « un geste de provocation et de division ». 

Las ! Le 10 juillet 2020, le pas a été franchi : Sainte-Sophie de Constantinople, jadis basilique chrétienne, actuel musée et site du patrimoine mondial de l’UNESCO, avant tout symbole de laïcité, deviendra mosquée. Confisquée à l’humanité.

Geste de provocation et de division. 

J’aurais aimé évoquer cet acte avec mon professeur de 5ème.

Mustafa Kemal Atatürk, quant à lui, a dû – une nouvelle fois, sans doute – se retourner dans sa tombe.

Intérieur de Sainte-Sophie – Image libre de droits

Quand nous chanterons le temps des cerises

C’était hier le premier jour du printemps. Dans notre époque curieuse, essayons d’apercevoir cette lumière nouvelle, d’entendre le retour des oiseaux, de sentir les doux parfums de cette nature qui renaît. 

Car oui, quelle drôle d’époque. Le confinement est une situation nouvelle, inconnue. Qui aurait pu imaginer pareille situation même dans ses rêves les plus fous ?

Il est difficile de sortir, alors plongeons dans nos souvenirs du monde d’avant : le printemps, c’est aussi le temps des cerises. Cette immortelle chanson de Jean-Baptiste Clément, qu’il dédicaça à une infirmière inconnue, disparue dans la sanglante Commune de Paris. En voici les premiers vers :

« Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur »

Michel Fugain en a fait une chanson, qu’il nous a rappelée lors de son spectacle, donné très récemment à la Chaudronnerie, à La Ciotat.

La forme de ce spectacle fut bien particulière : une « Causerie musicale ». Voici comment l’artiste lui-même avait imaginé cela :

« 1000 fois j’ai entendu : Vous faites d’abord la musique ou les paroles ? Qu’est-ce qui vous a inspiré cette chanson ? Comment ça vous vient ?  C’est un métier ou un passe-temps ? Un hobbie ?…  Autant de questions qui prouvent la fascination qu’éprouvent les gens qui aiment les chansons, qu’elles soient populaires, engagées ou plus intimes pour cet « art immédiat » et ses mystères.

J’ai donc imaginé ces « CAUSERIES MUSICALES » comme des rencontres conviviales, divertissantes et interactives, illustrées par des chansons, des anecdotes et des réflexions plus profondes car les chansons sont aussi et toujours des marqueurs précis d’une époque et d’une société. »

Quel moment formidable ! Michel Fugain est véritablement un grand artiste. Nous étions si heureux d’avoir assisté à son spectacle, de remonter ainsi à notre enfance, à notre jeunesse…

C’était il n’y a pas si longtemps, mais il me semble déjà que c’était il y a un siècle.

Que ce printemps vous soit lumineux, les amis !

Découverte de la République tchèque

Afin de planter le décor, voici quelques informations glanées sur Wikivoyages : La République tchèque ou Tchéquie est un pays européen d’Europe centrale, frontalier de l’Allemagne à l’ouest, de la Pologne au nord-est, de la Slovaquie au sud-est, de l’Autriche au sud, et faisant partie de l’Union européenne.

Quel plaisir de pouvoir ainsi découvrir, non loin de chez nous, un pays aux mille facettes, aux habitants extraordinaires, à l’histoire passionnante… Une semaine de visites extraordinaires.

Tout commença par un déjeuner local qui fut le bienvenu.

Premier contact avec ce pays qui n’est pas dans la Zone euro. Ici règne la Couronne Tchèque. La parité entre les deux monnaies : 1 Euro = 25,65 Couronnes environ. Revenons à nos photos. Ce genre de Goulach, est un plat composé de viande de bœuf, de bouillon de bœuf relevé avec du paprika, des oignons et des poivrons. Il est servi avec des knedliky, qui sont des tranches de pain bouilli. Sans oublier la bière (qui se dit « Pivo » en Tchèque), boisson typique.

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Visites estivales

Ou l’Alsace comme on ne l’avait jamais vue…

Enfin la trêve estivale est arrivée avec le mois d’août tant espéré.

Pour démarrer en douceur – été oblige – le premier jour nous avons visité Obernai, ville si belle, si vivante, si alsacienne !… 

La place centrale de la ville.
Cité toujours vivante, ouverte aux visiteurs.

Le jour suivants nous avons visité Mutzig, d’où est originaire une partie de ma famille, avant d’assister, le soir venu, à une dégustation organisée par Odile Schollaert, gérante de « L’Italie dans un verre » (https://vinsitaliens.jimdo.com/), un moment de qualité, tant sur le plan gustatif qu’humain. Molto Bene !

Un autre soir, nous avons également dégusté de succulentes tartes flambées au restaurant Le Marronnier (https://www.restaurantlemarronnier.fr/), à Stutzheim, dans un magifique cadre boisé.


Après le Bas-Rhin, entrons dans le Haut-Rhin. Le lendemain notre visite fut consacrée au magnifique village de Riquewihr. Son climat particulier a rendu possible la culture de la vigne.

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If

Partir.

Partir loin, pour espérer voir du beau, de l’étonnant, du dépaysant, voilà le sens de bien des voyages. Partir loin pour s’évader. Partir loin pour mieux revenir.

Et puis, un jour, au lieu d’aller chercher si l’eau est plus bleue dans la mer d’à côté, ou encore plus loin, notre choix fut de rester tout simplement là. Après un moment maritime aux airs de croisière, impression que ce soleil estival renforçait, nous accostâmes aux abords d’une forteresse voisine.

Une véritable île forteresse, liée éternellement à une oeuvre littéraire devenue mythe. Première forteresse royale de Marseille, François Ier en fut à l’origine. Plusieurs siècles passeront, qui contribuèrent à son développement. J’ai nommé le Château d’If. Bâtisse aux trois destinées : protéger les côtes d’une invasion, couvrir les sorties et le mouillage de la toute nouvelle flotte de galères royales, et surveiller Marseille, rattachée au Royaume de France en 1480. (1)

Nos yeux découvraient un si bel édifice aux lumières imposantes, contrastant fortement avec les obscurités visibles de certains intérieurs. Le soleil n’avait pas faibli, bien au contraire. Devant nous, une vaste cour, des escaliers vers l’étage et, tout autour, trois tours : « la tour Saint Christophe au nord-ouest – qui permet de surveiller la mer, à vingt-deux mètres de hauteur. Puis les tours Saint Jaume et Maugovert au nord-est et au sud-est ». (2)

Sur deux niveaux, de lugubres cellules et cachots.

Cellule du compte de Mirabeau. Cachot dit des « condamnés à morts ».

[Public domain] Wikimedia Commons

Cellule où reposa la dépouille du général Jean-Baptiste Kléber, natif de Strasbourg, dont il lui resta, pour dernier souvenir, ces images du Caire, où il fut assassiné. Là, dans cette cellule, les illustres restes furent même oubliés de la Nation. Quarante années plus tard, on s’en souvint enfin et les honneurs nationaux lui furent rendus, dans sa ville natale. Une réalité qui aurait pu être fiction.

Au rez-de-chaussée, le mythe commence. Ici, la cellule dite « d’Edmond Dantès ». Là, le cachot de « l’abbé Faria ». Par les ouvertures, la mer, d’un bleu profond. Au loin, imposante, blanche de lumière, majestueuse, Marseille. Voici l’épicentre de l’oeuvre magistrale de Dumas. Une fiction qui s’est si bien mêlée à la réalité.

Puis nos pas nous menèrent à un endroit intéressant : le restaurant « Marseille en face ». Marseille était bien en face et la cuisine fort succulente. Avec une découverte : les kaaek libanais : de délicieux biscuits fourrés à la datte, avec de la farine à la place de la semoule (à la mode égyptienne). Bravo, le chef Bruno ! Enfin, on dit que les Marseillaises et Marseillais ne connaissent pas cet endroit. Alors, sachons rester discrets.

(Vous n’avez rien vu.)

L’îlot d’If fait partie de l’archipel du Frioul. Une nouvelle petite croisière nous conduisit vers les îles Ratonneau et Pomègues. Randonnées agréables, cheminements entre ciel et terre, avec la mer comme luxueux écrin.

Une journée idéale, exceptionnelle, à bien des égards. Véritable évasion. Réel dépaysement. Nous avons vu du beau, croisé de l’étonnant. Célébration parfaite d’un printemps enfin là, qu’il nous tardait tellement de retrouver.

En deux mots comme en cent : Molto Bene !

Notes :

1.- Mots tirés du site « http://www.chateau-if.fr »

2. – Précisions du site « https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_d%27If »

Berlin, Histoire et modernité (3)

Lorsqu’on se trouve à Berlin, comment ne pas faire un tour du côté des Musées de la capitale et, en particulier, au musée de Pergame (Pergamonmuseum)… [Bodestraße 1-3, 10178 Berlin]. Après un petit moment d’attente nous voici plongés dans le Proche-Orient ancien (domaine qui occupa mon esprit quelques années, à l’Université d’Aix-en-Provence). Depuis le temps ! Nous y sommes. Premier contact : l’imposante Porte d’Ishtar. Oh ! Quelle émotion, lorsque je me suis retrouvé devant le roi d’Assyrie Assarhaddon ! J’ai repensé à son père, le roi Sennacherib et au sage, que dis-je, l’ummanu, Ahiqar, l’immense Ahiqar… Mais je m’égare. Quelle merveille, ce musée ! Toutes ces inscriptions en écriture cunéiforme… Un moment réellement inoubliable.

Plus tard, marchant sur l’avenue « Unter den Linden », j’aperçois sur une colonne, cette affiche annonçant un concert du groupe SISTANAGILA.

Il s’agit d’une formation musicale Irano-Israélienne ! Formidable démarche ! Je prends rapidement l’affiche en photo. Le 7 ? C’est aujourd’hui ! Pour rien au monde nous ne manquerons un tel spectacle. Nous y serons à 20h00.

Après un agréable début de soirée, nous prenons d’assaut le S-Bahn berlinois (profitons-en pour insister sur la très grande qualité des transports en commun berlinois). Mais le trajet se révèle un peu plus long que prévu… Enfin notre station : « Gneisenaustrasse ». Nous cherchons l’église « PassionKirche » dont nous vérifions l’adresse : Marheinekeplatz 1, 10961 Berlin. C’est à deux pas ! Nous y sommes presque. Plus que cinq minutes ! Nous apercevons la PassionKirche. Nous y sommes ! Mais… En reprenant notre souffle, une chose nous étonne : aucune affiche à proximité, pas âme qui vive non plus. Les portes de l’église restent désespérément fermées. Tout cela n’est pas très normal… Nous étions bien le 7 ! Rapide vérification en observant la photo prise dans l’après-midi. Oh non !!! Le 7, oui…

Mais le 7 OCTOBRE 2017 ! C’est incroyable ! Dans l’euphorie de voir une telle formation, nous avions omis ce petit détail… Alors, l’âme en peine, nous avons lentement rebroussé chemin. Parvenus à la Gneisenaustrasse, nous nous arrêtons près d’un bar et sa belle terrasse où trônait un piano.

C’est ici que nous avons poursuivi notre soirée. Un artiste nous a enchanté, au piano, mais également avec sa guitare. Notre dernière soirée berlinoise. Improvisée, certes. Dans un quartier que nous ne connaissions pas et qui nous a paru si accueillant, à l’image de ce séjour à Berlin : parfait de bout en bout. Merci au Markt-Wirtschaft pour ce moment formidable de partage !

Nul doute que nous reviendrons dans cette magnifique ville aux multiples facettes ; Berlin, ville d’Histoire, de Mémoire, de Culture et de modernité.

Le lendemain, le vol retour avec AirBerlin s’est bien passé.

Berlin, Histoire et modernité (2)

Berlin, la suite.

Une suite placée sous le signe de souvenir et de l’admiration.

En arrivant à hauteur d’une place dont nous avons lu le nom : « Bebelplatz », nous n’imaginions pas ce que nous allions y découvrir. En passant, August Bebel (1840-1913) était un dirigeant du Parti social-démocrate d’Allemagne du XIXe siècle, cofondateur du SPD, nous précise Wikipedia.

Sur cette place, le 10 mai 1933, sous l’égide de membres de la SA, des étudiants inféodés aux thèses nazies brûlèrent 20.000 livres « non-allemands » dont on déclamait les noms des auteurs au fur et à mesure, parmi lesquels, entre autres, Karl Marx, Karl Kautsky, Bertolt Brecht, Alfred Döblin, Lion Feuchtwanger, Sigmund Freud, Erich Kästner, Heinrich Mann, Carl von Ossietzky, Erich Maria Remarque, Kurt Tucholsky, Franz Werfel, Arnold Zweig et Stefan Zweig. Plus tard, Goebbels, ministre de la propagande, arriva sur place pour prononcer un discours.

Nous étions sur cette place.

« Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. »

Nous avons remarqué, au sol, une plaque carrée transparente. Sous le fort soleil d’août, il nous a fallu un certain temps avant de discerner des rayonnages de bibliothèque. Des rayonnages complètement vides. Un vers de Heinrich Heine est gravé : « Dort, wo man Bücher verbrennt, verbrennt man am Ende auch Menschen«  (« Là où on brûle les livres, on finit par brûler aussi les hommes »). Il s’agit de « La Bibliothèque Engloutie », oeuvre de l’artiste Micha Ullman qui symbolise ce triste événement.

Peu après nous arrivons au numéro 13 de la Stauffenbergstraße. Emplacement du Mémorial de la Résistance allemande. Quel lieu ! En arrivant dans la cour intérieure de cet ensemble imposant, nous voyons cette inscription.

« Ici moururent pour l’Allemagne le 20 juillet 1944 le général Ludwig BECK, le général d’Infanterie Friedrich OLBRICHT, le colonel Claus Conte Schenk Von STAUFFENBERG, le colonel Albrecht Ritter Mertz Von QUIRNHEIM, le lieutenant colonel Werner Von HAEFTEN ».

Il serait trop long d’exposer ici les multiples richesses de ce mémorial. Ne le manquez surtout pas si vous passez à Berlin. Nous avons été si émus, si impressionnés par ces personnages, connus ou inconnus, qui, à leur manière, de près ou de loin, s’étaient engagés, avaient tiré le signal d’alarme. Et il y en a eu ! Johann Georg Elser, par exemple : celui qui avait conçu une bombe munie de deux minuteries à l’occasion d’un discours d’Hitler qui fut malheureusement écourté pour des raisons climatiques (il devait prendre un avion). La bombe souffla littéralement l’endroit. Sept membres du parti nazi seront tués. C’était le 8 novembre 1939. Mais plus largement, quelle émotion ressentie devant toute les évocations de ces Résistantes et Résistants allemands. Je retrouvais Hans et Sophie SCHOLL…

En fin de journée, nous passons à côté d’une inscription particulière, non loin de l’endroit où nous logions.

La nuit tombait sur Berlin.

Berlin, Histoire et modernité (1)

Découvrir Berlin.

Pour y aller, nous avons pris une compagnie allemande Air Berlin pour effectuer le trajet depuis Stuttgart où nous nous trouvions alors. Très bon vol. A la sortie de l’avion, une petite surprise nous attendait…

Oh, les quelques petits jours de notre visite ne nous permettent sans doute pas de dire que nous connaissons parfaitement cette cité incroyable. Mais ce que nous y avons vu restera gravé dans notre mémoire.

Profusion de sentiments, d’impressions ; de la tristesse à l’humour, de l’horreur à l’espérance. L’Histoire moderne semble présente à chaque endroit, dans chaque rue, sur chaque place.

Arrêt 31. Unter den Linden. Voilà où nous sommes arrivés, depuis l’aéroport « Berlin Tegel », dans le Bus TXL qui allait jusqu’à Alexanderplatz.

Unter den Linden, Sous les tilleuls : il s’agit de la célèbre avenue de Berlin. En la remontant, nous sommes parvenus à une immense place baptisée Pariser Platz sur laquelle se trouve la porte de Brandebourg. La fameuse porte de Brandebourg. Nul doute, nous étions bien à Berlin. Et déjà l’Histoire se dresse devant nous.

A l’ouest de cette porte, nous arrivons dans l’immense Tiergarten (Jardin aux animaux) un étonnant parc de plus de 200 hectares en plein centre de Berlin traversé par la rue du 17 Juin. Plus tard, nous découvrons, entre les branches des nombreux arbres, un drapeau européen flottant au vent.

Une aile du palais du Reichstag qui abrite de nos jours le Bundestag depuis le retour des institutions à Berlin en 1999. Le Reichstag affiche, depuis 1916, la devise « Dem Deutschen Volke » (Au peuple allemand).

Plus loin, dans une rue, observant le sol aux nombreux pavés, notre regard est attiré par un reflet particulier, métallique. Situés devant la porte d’un petit immeuble, trois pavés particuliers qui portent des inscriptions. Comme d’innombrables pavés de ce type dans toute l’Allemagne, malheureusement. Témoignage soudain de l’horreur absolue, de la Shoah, terme hébreu qui signifie « anéantissement » (que je préfère largement au terme « holocauste » qui m’a toujours semblé incroyablement inapproprié). Zakhor…

Le Mur de Berlin… Je me souviens fort bien de sa chute dans la nuit du jeudi au vendredi , après tant d’années ; de cette image montrant l’immense Mstislav Rostropovitch qui improvise un concert de violoncelle assis simplement sur une chaise, juste devant ce Mur.

« Mur de la honte » pour les Allemands de l’Ouest et officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », il est érigé dans la nuit du au par la République démocratique allemande (RDA).(Wikipedia)

On peut trouver plusieurs fragment du Mur à Berlin. Son tracé est à présent symbolisé au sol par une double ligne de pavés qui serpente dans la ville.

Au loin, le (désormais trop) célèbre Checkpoint Charly donne une idée de ce que pouvait être ce drame d’une séparation qui dura si longtemps, qui coûta la vie à tant de personnes. Ainsi, comment comprendre celles et ceux qui se font prendre en photo devant ce Checkpoint arborant des casquettes russes ou américaines en riant de la sorte…

En direction de l’Alexanderplatz, nous découvrons la célèbre Fernsehturm. Etonnante tour de 368 mètres située dans l’ancien Berlin Est : la plus haute construction de la ville, qui fut bâtie proche du mur de Berlin, représentant à l’époque la supériorité de Berlin Est.

Dans la partie est du Tiergarten, nous arrivons à l’imposant Mémorial soviétique qui présente une statue d’un soldat soviétique. Ce monument commémoratif de la Seconde Guerre mondiale a été bâti en mémoire des combattants de l’Armée rouge tombés durant la bataille de Berlin. Elle porte l’inscription suivante : « Gloire éternelle aux héros tombés dans la bataille contre les occupants fascistes allemands pour la liberté et l’indépendance de l’Union soviétique ! ». 2500 soldats reposent dans le cimetière. A ce sujet, relire l’immense écrivain Vassili Grossman (« Carnets de guerre : de Moscou à Berlin », ISBN 2702137660, 9782702137666 – ou les passionnants « Pour une juste cause », ISBN 2825114294, 9782825114292, puis « Vie et Destin », ISBN 2266081446, 9782266081443).

Tiens ! Ca valait bien une photo : un vendeur de hot-dogs « tout en un » : réserve de gaz dans le dos permettant d’alimenter le mini gril devant lui où figurent tous les ingrédients nécessaires sans oublier le parasol qui le protège du soleil. Ingénieux !

Cette première journée se termine. Au loin, dans la nuit naissante, se dresse la Fernsehturm …

Sources :

(*) : Wikipedia

Camerone 2017

J’ai eu, le 30 avril dernier, l’honneur et la joie de pouvoir assister à la cérémonie Camerone 2017, à la « Maison Mère » d’Aubagne.

Le thème de cette année, « Légionnaire, tu es un volontaire », rappelant, aux quelques 9 000 hommes formant aujourd’hui la Légion étrangère, le premier pas de leur engagement à servir.

Empreinte d’un fort symbolisme, cette cérémonie a débuté à 9h30 par l’entrée des troupes sur la Place d’armes. Peu après les officiels, parmi lesquels le Ministre de la Défense d’alors, monsieur Jean-Yves Le Drian qui prononça un magnifique discours. Puis ce fut le moment de l’entrée de la Main du Capitaine Danjou. Le porteur de cette main était cette année le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong, officier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, sept fois cité dont trois fois comme supplétif vietnamien au sein du 1°BEP, 2°BEP, 3°CSPL, 4°REI, 13°DBLE et 2°REP. (http://www.legionetrangere.fr).

Comme chaque année, et officiellement depuis 1931, la Légion étrangère honora en 2017 le sacrifice des légionnaires du Capitaine Danjou, glorieusement tombés au Mexique, dans l’hacienda de Camerone. Ce combat s’est déroulé le 30 avril 1863, dans l’accomplissement sacré de la mission qui avait été confiée aux légionnaires : assurer la couverture au profit d’un convoi logistique ravitaillant les unités françaises qui assiégeaient la ville de Puebla.

Ce combat regroupe à lui seul toutes les valeurs fédératrices de la Légion étrangère : le caractère sacré de la mission, la fidélité à la parole donnée ainsi que la communauté de destin choisie et acceptée par les officiers, sous-officiers et légionnaires. Ces trois vertus légionnaires connues de tous, expliquées aux plus jeunes et commentées à chaque occasion constituent le fondement de l’esprit de corps qui nous anime. (http://www.legion-etrangere.com)

Sur le Monument aux morts à Agde (34), commémoratif de la bataille de Camerone, on peut lire :

Ils furent ici moins de soixante
Opposés à toute une armée.
Sa masse les écrasa.
La vie plutôt que le courage
Abandonna ces soldats français
À Camerone le 30 avril 1863

Une cérémonie à vivre, si l’on en a un jour l’occasion.

Lien :

http://www.camerone.legion-etrangere.com