Une Abbaye de Provence

Ce soir-là, Bernard de Clairvaux flânait dans les allées de l’Abbaye qui portait son nom et dont il était si fier. Il avait soixante-deux ans et ressentait de plus en plus le poids des années. Une douce température flottait dans cette soirée de septembre 1152. 

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Arles – De César à Van Gogh

Malgré un matin intensément pluvieux, nous décidâmes de nous diriger vers cette belle ville d’Arles et plus particulièrement, son centre historique. Le soleil ayant vaincu l’élément liquide, c’est finalement sous une belle lumière que nous nous lançâmes dans cette découverte.Continue reading « Arles – De César à Van Gogh »

La Patrie reconnaissante

Le Panthéon… Les images et sentiments intenses ressentis au plus profond de mon être, lors de la visite de ce monument bien particulier, il y a quelques temps, ne se sont pas estompées. Car ce lieu, prévu à l’origine au XVIIIe siècle pour être une église, est à bien des égards lieu de mémoire. Une mémoire de notre Histoire, de celles et ceux qui s’illustrèrent par le passé – au péril de leur vie pour certains – pour la grandeur de notre Pays.

Ainsi, lorsque j’ai appris la nouvelle, j’en fus réellement ému. Je veux parler de ce communiqué de presse intitulé « Héros et héroïnes au Panthéon pour incarner l’esprit de résistance ». A ce sujet, sur le blog du député Vincent FELTESSE nous pouvons lire ces mots :

En rendant hommage aux vingt-deux fusillés du Mont Valérien et en annonçant la panthéonisation, le 27 mai 2015, des résistant-e-s Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, le président de la République a voulu célébrer aujourd’hui l’esprit de la Résistance et le collectif qui l’incarnait dans sa diversité.

Voici les quatre Grand-e-s qui rejoindront ce 27 mai 2015 le Panthéon :

Panthéon

Le président de la République, François Hollande, a prononcé au Mont-Valérien un discours en hommage à la Résistance. Il a annoncé l’entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay : 

A propos de ces illustres personnages :

Germaine Tillion, née le 30 mai 1907 à Allègre et morte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé, est une ethnologue et une résistante française. Germaine Tillion suit une formation d’ethnologue auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon. Licenciée en lettres, elle est diplômée de l’École pratique des hautes études, de l’École du Louvre, et de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Entre 1934 et 1940, dans le cadre de sa thèse, elle réalise quatre séjours en Algérie pour étudier l’ethnie berbère des Chaouis présente dans l’Aurès.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle, née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard) et décédée le 14 février 2002 à Paris, est une résistante française, déportée en 1944, militante des droits de l’homme et présidente d’ATD Quart Monde de 1964 à 1998. Elle est une nièce de Charles de Gaulle. Résistante dès juin 1940 dans le Groupe du Musée de l’Homme, Geneviève de Gaulle multiplie les actions de renseignement et d’information, notamment au sein du réseau Défense de la France. Arrêtée par Pierre Bonny de la gestapo française, le 20 juillet 1943 et emprisonnée à Fresnes, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944. Au camp, elle rencontre et se lie d’amitié avec quatre autres résistantes : Jacqueline Péry d’Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay et Germaine Tillion. En octobre 1944, elle est placée en isolement au « bunker » du camp. Cette décision est prise par Himmler afin de la garder en vie et de l’utiliser comme monnaie d’échange.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Geneviève_de_Gaulle-Anthonioz

Pierre Brossolette (Paris, 25 juin 1903 — Paris, 22 mars 1944), est un journaliste et homme politique socialiste français. Il fut un des principaux dirigeants et héros de la Résistance française.Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l’armée avec le grade de lieutenant, est promu capitaine avant la défaite de la France et est décoré avec la première Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze, le 11 juillet 1940, en raison de son attitude au cours de la retraite de son unité. Hostile au régime de Vichy, il rejoint le Groupe du musée de l’Homme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Brossolette

Jean Zay est un avocat et une personnalité politique française de la IIIe République né à Orléans (Loiret) le 6 août 19041 et mort assassiné par des miliciens à Molles (Allier) le 20 juin 1944. Au cours de sa vie, Jean Zay assure les fonctions de conseiller général, député du Loiret, sous-secrétaire d’État à la présidence du conseil et ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Jean Zay démissionne le 2 septembre 1939, pour rejoindre l’armée française et suivre le sort de sa classe d’âge. Son courage et son dévouement, au sein de la IVe armée, sont attestés par ses chefs militaires : « volontaire pour les missions les plus périlleuses et les plus délicates »…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay 

Liens :

http://monjournaldedepute-feltesse.tumblr.com/

Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris

Sugar Man, modèle d’humilité

Lorsque je me suis rendu à l’Eden Théâtre, ce dimanche 9 février, je savais que j’allais voir un film documentaire de Malik Bendjelloul proposé par l’Association Art et Essai Lumière. Mais j’étais à mille lieues d’imaginer le choc que j’allais ressentir. Car ce fut véritablement le cas. Une telle émotion ! Quel film ! Passionnant de bout en bout, émouvant mais surtout déconcertant. Réellement. Il faut le voir pour le croire !

Nous faisons connaissance avec un musicien de rock & folk des années 70 aux Etats-Unis. Sixto Rodriguez – retenez ce nom – a enregistré deux albums sous le label Motown. Malheureusement, il ne perce pas. Ses disques sont ignorés. C’est un échec. Terrible. On dit qu’il se serait suicidé sur scène (en s’immolant ou en se tirant une balle dans la tête, selon les versions). Aux Etats-Unis, quasiment personne n’a entendu parler de Sugar Man / Sixto Rodriguez.

Un beau jour, une touriste américaine part voyager en Afrique du Sud, à une époque ou l’Apartheid était à son apogée. Dans ses bagages, elle avait une copie du premier disque de Sugar Man. De fil en aiguilles, ce disque fait le tour de beaucoup de monde, se diffusant comme une traînée de poudre. Au point que quelques mois, quelques années après, Sugar Man est devenu une immense vedette en Afrique du Sud. Ses disques battent des records de vente. Sa musique devient même un symbole de la lutte contre l’Apartheid. Toujours inconnu aux Etats-Unis, devenu une immense vedette en Afrique du Sud…  Incroyable. Plus de vingt ans après, en 1997, deux fans du Cap dont Stephen « Sugar » Segerman essayent d’en savoir plus sur cet énigmatique Sugar Man.  Ils se lancent dans cette quête espérant apprendre qui était ce chanteur, où il vivait, comment il a disparu. Une enquête qui réservera bien des surprises.

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Avertissement : Chère lectrice, cher lecteur, si vous n’avez pas encore vu ce film diffusé dans les réseaux Art et Essai, ne lisez pas la suite. Trop de choses y sont dévoilées qui vous gâcheraient votre perception du film lorsque vous le verrez…
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Ce 19 décembre 1964

 Il n’y a pas un 19 décembre ou un 21 juin qui puisse passer sans que le souvenir de ce moment unique ne me revienne en mémoire. Je parle bien sûr du grand, du puissant, du terrible discours qu’André MALRAUX prononça ce 19 décembre 1964 devant le Panthéon, célébrant l’entrée de Jean MOULIN en ces lieux que la Patrie reconnaissante dédie aux Grands Hommes. Jean MOULIN, trahi, fut arrêté à Caluire, ce funeste jour du 21 juin 1943, avant d’être conduit au siège de la Gestapo. Il trouvera la mort en gare de Metz, dans le train qui le transportait en Allemagne, le 8 juillet 1943.

« (…) Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France… »

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Trente années plus tard

Ce jour du 20 octobre est un jour particulier. Non point celui de la naissance de quelqu’un d’illustre ni même celui d’une bataille célèbre (combien de ces dates devions-nous apprendre par cœur, jadis), mais le jour anniversaire de mon entrée dans la grande famille (disions-nous antan) de l’Education nationale.

L’an dernier l’émotion était déjà au rendez-vous à l’évocation de ce moment particulier. Mais cette année ça tombe juste ! Trente petites années après… Un petit regard derrière moi s’impose.

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Ce 20 octobre 1983, j’avais pris le train très tôt le matin à la gare de Molsheim (le permis de conduire n’était pas encore d’actualité). Il faisait encore nuit. Sélestat, tout le monde descend ! Je pris la direction sud-ouest et sortais de la gare SNCF. Je rejoignis l’avenue de la Gare (évidemment) sur 150 mètres avant de prendre à droite sur 87 mètres. Il faisait froid ; la nuit était toujours là. Je tournais alors légèrement à gauche sur la D1059, sur une trentaine de mètres, avant d’aborder les prochains 600 mètres sur la D1083. J’arrivais alors, quelques instants plus tard, rue Schwilgué ; je marchais 130 mètres avant d’arriver rue Aristide Briand dont je parcourus 64 mètres. Les premières lueurs du jour commençaient à paraître. Je pris alors à gauche et, 78 mètres plus tard, j’arrivais à l’adresse de destination : « 1 rue Froehlich – 67604 Sélestat », devant l’imposante bâtisse de l’Ecole normale d’instituteurs !

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Des futurs collègues étaient déjà là. Nous nous connaissions déjà pour la plupart : les trois sessions du concours d’admission n’étaient pas si loin et toutes les épreuves ont créé des liens. L’accueil fut sympathique. Quel endroit ! Moment officiel : l’accueil de la directrice, Mme Marie MAES (dont je me souviens encore assez bien). Après un moment à dominante administrative, en avant pour la présentation des salles de cours, de la salle de sciences, de la salle de musique, du réfectoire, de l’école d’application qui jouxtait l’Ecole normale, bref : une journée fort chargée. Le moment de rentrer était déjà là. Nous avions fait connaissance avec cette École où nous allions passer trois ans. Je serais heureux de revoir cet imposant bâtiment qui cessa d’être École normale d’instituteurs depuis longtemps. Lors d’un prochain séjour en Alsace, sans doute.

Je rentrais comme j’étais arrivé : par le train, dans le froid et sous un ciel quasi nocturne. Je n’avais pas vingt ans. Quelques mois auparavant je passais mon bac. Il y avait à présent ces doutes, cette inquiétude, cette inconscience aussi ; ainsi se matérialisait la transition entre la fin d’une confortable adolescence et le début d’une vie professionnelle. Nous étions alors « élèves-instituteurs ».

Et voilà, trente petites années plus tôt !

18 septembre 1981 – Abolition de la peine de mort

C’était il y a trente-deux ans : l’abolition de la peine de mort en France.

 » Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j’ai l’honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France.

En cet instant, dont chacun d’entre vous mesure la portée qu’il revêt pour notre justice et pour nous, je veux d’abord remercier la commission des lois parce qu’elle a compris l’esprit du projet qui lui était présenté et, plus particulièrement, son rapporteur, M. Raymond Forni, non seulement parce qu’il est un homme de coeur et de talent, mais parce qu’il a lutté dans les années écoulées pour l’abolition.

Au-delà de sa personne et, comme lui, je tiens à remercier tous ceux, quelle que soit leur appartenance politique qui, au cours des années passées, notamment au sein des commissions des lois précédentes, ont également oeuvré pour que l’abolition soit décidée, avant même que n’intervienne le changement politique majeur que nous connaissons. Cette communion d’esprit, cette communauté de pensée à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui est ouvert aujourd’hui devant vous est d’abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d’entre vous procèdera l’engagera personnellement.

Raymond Forni a eu raison de souligner qu’une longue marche s’achève aujourd’hui. Près de deux siècles se sont écoulés depuis que dans la première assemblée parlementaire qu’ait connue la France, Le Pelletier de Saint-Fargeau demandait l’abolition de la peine capitale. C’était en 1791. » (…)

Robert Badinter, garde des Sceaux, Assemblée nationale, première séance du 17 septembre 1981. (Source Assemblée Nationale)

« Extraits de la déclaration de Robert BADINTER, ministre de la Justice et garde des Sceaux, à l’Assemblée nationale, demandant l’abolition de la peine de mort. Il montre comment cette loi va dans le sens de l’histoire de France et explique pourquoi la peine de mort n’a aucune valeur dissuasive. »

« L’Assemblée nationale a adopté »…

Claude Debussy

22 août 1862 – 25 mars 1918

Il y a 151 ans naissait Claude Debussy.

Claude Debussy au piano l’été 1893 dans la maison de Luzancy (chez son ami Ernest Chausson)

Le « Claire de lune ». De la suite Bergamasque qui compte quatre mouvements :

• 1) Prélude
• 2) Menuet
• 3) Claire de Lune
• 4) Passepied

Quelle douceur…

Au piano : Mária Kovalszki – Academy of Music « Ferenc Liszt » à Budapest, le 3 avril 2005.

 

Exposition « Redécouvrir Jean Moulin »

Le 21 juin dernier, nous rendions déjà hommage à ce grand homme lors des célébrations du 70e anniversaire de son arrestation.

Un peu plus de deux semaines plus tard, le 8 juillet, il trouvait la mort.

Ce 8 juillet 2013, journée de mémoire, nous est proposée une exposition particulière qui permet de découvrir d’autres dimensions de ce héros de l’ombre.

« Le 8 juillet 1943 il y a tout juste soixante-dix ans – Jean Moulin, torturé par les nazis, mourrait des suites de ses blessures dans le train qui l’emmenait vers l’Allemagne. 70 ans après, on célèbre le héros de la Résistance, mais aussi l’artiste et grand amateur d’art. Une facette méconnue à découvrir ou redécouvrir jusqu’à fin décembre au Musée Jean Moulin à Paris.« 

Exposition « Redécouvrir Jean Moulin » – Collections inédites, jusqu’au 29 décembre 2013 – Musée Jean Moulin à Paris.

(Lire la suite de l’article sur http://culturebox.francetvinfo.fr >>>)

Par ailleurs, ce jour de triste anniversaire a été dévoilée par le Maire Bertrand Delanoë une plaque en hommage à Jean Moulin (12, rue Cassini, Paris 14) :

Jean Moulin, 8 juillet 1943

Le premier JT…

Un 29 juin – il y a 64 ans – naissait le premier Journal Télévisé présenté par Pierre Sabbagh,le 29 juin 1949 à 21h00. Il n’y avait que des images. Durée 15 minutes. A l’époque environ 3000 récepteurs de télévision étaient installés en France et très peu fonctionnaient, en raison d’un manque de programmes (qui la télévision intéressait-elle donc, à ce moment-là ?)…

Le reportage du premier journal télévisé a été fait depuis la nacelle d’un dirigeable. Sur la nacelle se trouvent Pierre Sabbagh, Audoin Dolfus, astronome qui conduit le dirigeable et Michel Wakhevitch à la caméra.

A cette époque, il y avait également, qui débutaient, Gilbert Larriaga, Pierre Dumayet, Pierre Tchernia, Jean-Marie Coldefy, Georges de Caunes, Denise Glaser, Jacques Sallebert, ou encore Claude Darget.

Quand on pense au chemin parcouru en un peu plus de soixante ans… Pour le meilleur et pour le pire…