Catégorie : Mémoire

  • Vertiges astronomiques

    Vertiges astronomiques

    Préambule :

    L’unité de distance utilisée en astronomie est l’Année-Lumière. Une Année-Lumière = environ 10 000 milliards de kilomètres soient 10.000.000.000.000 kilomètres.

    Ceci posé, attachez vos ceintures.


    Imaginons un vaisseau spatial qui, après une vaste odyssée d’aussi loin que la conscience humaine ne puisse pas l’imaginer, s’approche de l’Univers…

    L’Univers peut être considéré comme un  » tissu  » formé d’amas et de super-amas de galaxies. On ne connaît au plus que 5 % de la matière de l’Univers [1]. On estime que le diamètre de cet Univers observable est de 100 milliards d’années lumière. [2]

    (suite…)

  • Une Abbaye de Provence

    Une Abbaye de Provence

    Ce soir-là, Bernard de Clairvaux flânait dans les allées de l’Abbaye qui portait son nom et dont il était si fier. Il avait soixante-deux ans et ressentait de plus en plus le poids des années. Une douce température flottait dans cette soirée de septembre 1152. 

    (suite…)

  • Alfonsina et la mer

    Alfonsina et la mer

    Alfonsina l’artiste

    Alfonsina Storni Martignoni est une poétesse argentine née le en Suisse et décédée le , Playa de La Perla, Mar del Plata. Elle fut aussi comédienne et auteur. A l’âge de vingt-quatre ans, elle publiera son premier recueil : « Écrits pour ne pas mourir« .

    Alfonsina Storni (1892-1938)

    Elle deviendra également institutrice auprès d’enfants en difficulté. Agée de moins de trente ans, Alphonsina Storni rencontrera de grands auteurs tels que Jorge Luis Borges, Luigi Pirandello, Filippo Marinetti ou encore Federico García Lorca. Quelques années plus tard, la poésie d’Alfonsina n’abordera plus que les thèmes autour de la mer et la mort.

    Atteinte d’un cancer, elle partira s’installer dans un hôtel de Mar el Plata où elle mettra fin à sa vie. Cet acte inspirera la célèbre chanson Alfonsina y el mar.

    Alfonsina y el mar 

    Cette oeuvre fut créée par Ariel Ramírez (pianiste et compositeur argentin) et Félix Luna (parolier et homme politique argentin). De nombreux chanteurs et musiciens ont interprété cette chanson et c’est par la version exceptionnelle d’Avishai Cohen (auteur compositeur, contrebassiste de jazz israélien né le 20 avril 1970 à Jérusalem) que j’ai, pour ma part, découvert cette magnifique chanson, par une si belle soirée étoilée.

    L’interprétation de Maurane mérite également qu’on s’y attarde :

    Et pour ne pas faire mentir le vieil adage « jamais deux sans trois », voici une version au piano, par Alberto Dogliotti (né en 1939 à Montevideo – Mort le 9 juillet 2007 aux îles Canaries), il fut un  grand musicien de jazz, pianiste, arrangeur et compositeur uruguayen) :

    Avant de terminer, cette ultime version, et non des moindres, suggérée par une lectrice de passage, Gabrielle. Merci à elle. Voici l’interprétation magnifique de Rosalia. Née le 25 septembre 1992 à Sant Cugat del Vallès, Rosalia est une auteure-compositrice-interprète, musicienne, productrice et actrice espagnole.

    Alfonsina y el mar : une si belle découverte…

    Mar del Plata, Argentine : Le monument à la mémoire d’Alfonsina Storni se dresse sur la falaise, face à la station balnéaire de La Perla qui porte aujourd’hui le nom d’« Alfonsina », en son honneur. A l’endroit-même où l’écrivaine, après une douloureuse maladie, décida de mettre fin à ses jours, en se noyant.

    Liens :

    Avishai Cohen – Site Officiel

    Alphonsina Storni – Poèmes

  • La Patrie reconnaissante

    La Patrie reconnaissante

    Le Panthéon… Les images et sentiments intenses ressentis au plus profond de mon être, lors de la visite de ce monument bien particulier, il y a quelques temps, ne se sont pas estompées. Car ce lieu, prévu à l’origine au XVIIIe siècle pour être une église, est à bien des égards lieu de mémoire. Une mémoire de notre Histoire, de celles et ceux qui s’illustrèrent par le passé – au péril de leur vie pour certains – pour la grandeur de notre Pays.

    Ainsi, lorsque j’ai appris la nouvelle, j’en fus réellement ému. Je veux parler de ce communiqué de presse intitulé « Héros et héroïnes au Panthéon pour incarner l’esprit de résistance ». A ce sujet, sur le blog du député Vincent FELTESSE nous pouvons lire ces mots :

    En rendant hommage aux vingt-deux fusillés du Mont Valérien et en annonçant la panthéonisation, le 27 mai 2015, des résistant-e-s Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, le président de la République a voulu célébrer aujourd’hui l’esprit de la Résistance et le collectif qui l’incarnait dans sa diversité.

    Voici les quatre Grand-e-s qui rejoindront ce 27 mai 2015 le Panthéon :

    Panthéon

    Le président de la République, François Hollande, a prononcé au Mont-Valérien un discours en hommage à la Résistance. Il a annoncé l’entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay : 

    [dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x1cvmln_discours-au-mont-valerien-en-hommage-a-la-resistance_news[/dailymotion]

    A propos de ces illustres personnages :

    Germaine Tillion, née le 30 mai 1907 à Allègre et morte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé, est une ethnologue et une résistante française. Germaine Tillion suit une formation d’ethnologue auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon. Licenciée en lettres, elle est diplômée de l’École pratique des hautes études, de l’École du Louvre, et de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Entre 1934 et 1940, dans le cadre de sa thèse, elle réalise quatre séjours en Algérie pour étudier l’ethnie berbère des Chaouis présente dans l’Aurès.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

    Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle, née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard) et décédée le 14 février 2002 à Paris, est une résistante française, déportée en 1944, militante des droits de l’homme et présidente d’ATD Quart Monde de 1964 à 1998. Elle est une nièce de Charles de Gaulle. Résistante dès juin 1940 dans le Groupe du Musée de l’Homme, Geneviève de Gaulle multiplie les actions de renseignement et d’information, notamment au sein du réseau Défense de la France. Arrêtée par Pierre Bonny de la gestapo française, le 20 juillet 1943 et emprisonnée à Fresnes, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944. Au camp, elle rencontre et se lie d’amitié avec quatre autres résistantes : Jacqueline Péry d’Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay et Germaine Tillion. En octobre 1944, elle est placée en isolement au « bunker » du camp. Cette décision est prise par Himmler afin de la garder en vie et de l’utiliser comme monnaie d’échange.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Geneviève_de_Gaulle-Anthonioz

    Pierre Brossolette (Paris, 25 juin 1903 — Paris, 22 mars 1944), est un journaliste et homme politique socialiste français. Il fut un des principaux dirigeants et héros de la Résistance française.Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l’armée avec le grade de lieutenant, est promu capitaine avant la défaite de la France et est décoré avec la première Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze, le 11 juillet 1940, en raison de son attitude au cours de la retraite de son unité. Hostile au régime de Vichy, il rejoint le Groupe du musée de l’Homme.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Brossolette

    Jean Zay est un avocat et une personnalité politique française de la IIIe République né à Orléans (Loiret) le 6 août 19041 et mort assassiné par des miliciens à Molles (Allier) le 20 juin 1944. Au cours de sa vie, Jean Zay assure les fonctions de conseiller général, député du Loiret, sous-secrétaire d’État à la présidence du conseil et ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Jean Zay démissionne le 2 septembre 1939, pour rejoindre l’armée française et suivre le sort de sa classe d’âge. Son courage et son dévouement, au sein de la IVe armée, sont attestés par ses chefs militaires : « volontaire pour les missions les plus périlleuses et les plus délicates »…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay 

    Liens :

    http://monjournaldedepute-feltesse.tumblr.com/

    Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris

  • Sugar Man, modèle d’humilité

    Sugar Man, modèle d’humilité

    Lorsque je me suis rendu à l’Eden Théâtre, ce dimanche 9 février, je savais que j’allais voir un film documentaire de Malik Bendjelloul proposé par l’Association Art et Essai Lumière. Mais j’étais à mille lieues d’imaginer le choc que j’allais ressentir. Car ce fut véritablement le cas. Une telle émotion ! Quel film ! Passionnant de bout en bout, émouvant mais surtout déconcertant. Réellement. Il faut le voir pour le croire !

    Nous faisons connaissance avec un musicien de rock & folk des années 70 aux Etats-Unis. Sixto Rodriguez – retenez ce nom – a enregistré deux albums sous le label Motown. Malheureusement, il ne perce pas. Ses disques sont ignorés. C’est un échec. Terrible. On dit qu’il se serait suicidé sur scène (en s’immolant ou en se tirant une balle dans la tête, selon les versions). Aux Etats-Unis, quasiment personne n’a entendu parler de Sugar Man / Sixto Rodriguez.

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=qyE9vFGKogs[/youtube]

    Un beau jour, une touriste américaine part voyager en Afrique du Sud, à une époque ou l’Apartheid était à son apogée. Dans ses bagages, elle avait une copie du premier disque de Sugar Man. De fil en aiguilles, ce disque fait le tour de beaucoup de monde, se diffusant comme une traînée de poudre. Au point que quelques mois, quelques années après, Sugar Man est devenu une immense vedette en Afrique du Sud. Ses disques battent des records de vente. Sa musique devient même un symbole de la lutte contre l’Apartheid. Toujours inconnu aux Etats-Unis, devenu une immense vedette en Afrique du Sud…  Incroyable. Plus de vingt ans après, en 1997, deux fans du Cap dont Stephen « Sugar » Segerman essayent d’en savoir plus sur cet énigmatique Sugar Man.  Ils se lancent dans cette quête espérant apprendre qui était ce chanteur, où il vivait, comment il a disparu. Une enquête qui réservera bien des surprises.

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    Avertissement : Chère lectrice, cher lecteur, si vous n’avez pas encore vu ce film diffusé dans les réseaux Art et Essai, ne lisez pas la suite. Trop de choses y sont dévoilées qui vous gâcheraient votre perception du film lorsque vous le verrez…
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    (suite…)

  • 30 ans déjà…

    30 ans déjà…

    Eh oui ! Le 24 janvier 1984 sortait le premier Macintosh :

    Hello World
    Macintosh 128 k

    Le premier ordinateur personnel avec une souris et une interface graphique. (Ceci était une révolution)… :o) Il était équipé d’un microprocesseur CISC 16/32 bits développé par Motorola (le 68000).

    Quelques aspects techniques :

    Processeur Motorola 68000
    Fréquence d’horloge 8 MHz
    Bus système 8 MHz
    Mémoire morte 64 Kio
    Mémoire vive 128 Kio
    Système d’exploitation Système 0.1 à 2.0

    Le Macintosh a remplacé l’Apple II et son 6502 : un processeur 8 bits avec un bus d’adressage à 16 bits. (Ah mon petit Apple //e !) ;o)

    Trente ans après, l’iPhone 5s, par exemple,  embarque un processeur A7 double-cœur cadencé à 1,3 GHz (1 Go de mémoire vive) dont le cœur grimpe à 64-bits…

    A l’occasion de cet anniversaire, Apple a mis en place une magnifique page de commémoration que l’on trouve ici :

    http://www.apple.com/30-years/

    Sur cette page figure un petit film illustrant bien cette période :

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Xp697DqsbUU[/youtube]

     

     

    Hello, Word !

    Mac

  • Nouvel an des arbres

    Nouvel an des arbres

    Le 15 janvier dernier, c’était la fête de Tou Bichvat « le quinze du mois de shevat » (« Tou » est en fait composé des lettres Tet et Vav dont la somme des valeurs numériques est 15). Le 15 shevat a lieu selon les années entre la mi-janvier et la mi-février.

    « Il y a quatre dates de nouvel an. Le 1er Nissan, c’est le nouvel an des rois et des fêtes de pèlerinage. Le 1er Eloul, le nouvel an pour la dîme du bétail […]. Le 1er Tishri , le nouvel an pour les années, la shmita et le jubilé, pour les récoltes et les légumes.[…] Le 15 Shevat, le nouvel an des arbres. » (Mishna Rosh Hashana I, 1)

    Tou Bichvat n’est pas un jour chômé. Il est actuellement considéré comme un jour joyeux au cours duquel on ne peut pas prononcer d’éloge funèbre ni observer de jeûne. Cette fête ne s’accompagne pas d’obligation particulière ; il est d’usage de consommer des repas de fruits.

    tou-bichevat.1

    L’arbre est présent dans le judaïsme comme le montrent l’Arbre de vie et celui de la connaissance du Bien et du Mal. L’Arbre de vie symbolise la force de la vie et ses origines, l’importance des racines et le développement de la Vie. « L’arbre de vie s’étend du haut vers le bas et le soleil l’éclaire entièrement » (Zohar). L’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal est une image allégorique du Livre de la Genèse suivant lequel Dieu planta dans le jardin d’Éden deux arbres mystérieux. « L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal… L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden… : ‘Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras.’ » (Genèse, II).

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    Les arbres ont de tout temps figuré dans les diverses traditions au travers des âges. Dès la plus haute antiquité l’olivier était cultivé par les Perses (-12000) et par les Egyptiens (-6000), qui l’utilisent dans les soins du corps et les rites funéraires. (suite…)

  • Deux-mille-quatorze droit devant !

    Deux-mille-quatorze droit devant !

     En 2013, j’ai été ému par la jeune Malala Yousafzai, j’ai été triste d’apprendre la mort d’Ourasi, j’ai suivi les célébrations du cinquantenaire du Traité de l’Elysée, j’ai adoré les séries « Hatufim » et « Ainsi soient-ils » sur ARTE, « Braquo », « Engrenages » et « The Tunnel » sur Canal+ ainsi que « Touch » et « Under the Dome » sur M6, j’ai célébré les vingt-cinq ans de la disparition de Pierre Desproges, j’ai bu de la Guinness, j’ai installé Mavericks et iOS 7, j’ai fêté à distance les vingt ans de la LOLITA et localement la victoire du RCT en HCup ainsi que le trois-centième article de ce blog, j’ai été attristé par le départ d’Alain Mimoun et de Georges Moustaki, je me suis souvenu de l’arrestation de Jean Moulin il y a soixante-dix ans,  j’ai découvert Alison Krauss et Louise Vautour, j’ai retrouvé Diana Krall et Barbara, j’ai été sorbétisé par l’Ecume des Glaces, j’ai lu la BD « Ainsi se tut Zarathoustra », j‘ai vu les films « Les Fils du Vent », « Syngué Sabour », « Après la bataille », « Quartett », « Les Virtuoses » et « La Part des Anges », mais j’ai mal supporté « The Immigrant », j’ai été ému par un whisky suédois, j’ai revu la danse de Rabbi Jacob.

    J’ai aussi redécouvert les films « Les Ailes du Désir » et « Subway », j’ai célébré le printemps, j’ai souhaité un joyeux Nowrooz en persan, j’ai adoré « Sur les Epaules de Darwin » de Jean-Claude Ameisen à la radio, j’ai même acheté le livre, j’ai franchi mes 30 ans à l’Education nationale, j’ai donné un coup de mains au Festival « Musique en vacances », j’ai suivi les élections en Iran, je suis allé deux fois en Alsace et une fois à Monaco, j’ai enfin pu assister à « La Flûte enchantée » à l’opéra de Toulon, j’ai assisté au mariage de Christophe et Hervé à La Ciotat, j’ai découvert le génialissime Stéphane de Groodt, j’ai revu les « Tontons flingueurs », je me suis abonné à Libération week-end, j’ai croisé le « Mât de Cocagne » à La-Seyne-sur-mer, j’ai fait mes courses par le Drive, j’ai envisagé de faire raccorder mon piano, je me suis engagé pour les municipales 2014 sur la liste d’union de la Gauche, j’ai serré la main au Recteur d’Académie et à deux Inspecteurs d’Académie différents, j’ai soutenu une thèse de doctorat en Sciences du Langage et j’ai aussi eu un gros rhume. Là, je me repose un peu avant d’attaquer 2014…

    Bon bout d’an à toutes et tous ! Et à l’an qué ven !

  • Ce 19 décembre 1964

    Ce 19 décembre 1964

     Il n’y a pas un 19 décembre ou un 21 juin qui puisse passer sans que le souvenir de ce moment unique ne me revienne en mémoire. Je parle bien sûr du grand, du puissant, du terrible discours qu’André MALRAUX prononça ce 19 décembre 1964 devant le Panthéon, célébrant l’entrée de Jean MOULIN en ces lieux que la Patrie reconnaissante dédie aux Grands Hommes. Jean MOULIN, trahi, fut arrêté à Caluire, ce funeste jour du 21 juin 1943, avant d’être conduit au siège de la Gestapo. Il trouvera la mort en gare de Metz, dans le train qui le transportait en Allemagne, le 8 juillet 1943.

    « (…) Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France… »

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  • Ils étaient sept moines…

    Ils étaient sept moines…

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    Ils étaient sept. Sept moines. Tous appartenant à l’Ordre cistercien de la stricte observance. Des moines que l’on appelle plus familièrement « trappistes ». Dans les années 1990, ces moines officiaient dans le Monastère Notre-Dame de l’Atlas, à Tibhirine, en Algérie. Ils menaient leur vie, vivaient leur foi en lien avec les populations locales. C’est en 1996, dans la nuit du 26 et du 27 mars, en pleine guerre civile algérienne, qu’ils seront enlevés, séquestrés pendant deux mois puis assassinés, fin mai, non loin de Médéa.

    Aujourd’hui, les familles de ces moines cisterciens seront reçues par le Président de la République Française. Car en plus de l’horreur absolue que représente ces lâches assassinats, il a été précisé que seules les têtes des victimes avaient été retrouvées, au bord d’une route de montagne, mais non les corps.

    C’est le célèbre juge antiterroriste Marc Trévidic qui, depuis deux ans, est chargé de l’enquête ; or les difficultés restent importantes pour ce juge qui se heurte à nombre d’obstacles : les autorités algériennes ne l’ont toujours pas autorisé à se rendre en Algérie, n’appréciant guère qu’un magistrat français veuille ainsi enquêter sur un sujet – toujours – si sensible. En janvier 2012 le juge Marc Trévidic avait adressé, avec l’assentiment des familles des moines, une commission rogatoire internationale à l’Algérie, en vue de procéder à l’autopsie des sept crânes des moines et d’interroger une vingtaine de témoins. Précisons que si la thèse de représailles du mouvement GIA semblait évidente au départ, l’hypothèse actuelle pencherait davantage vers une bavure de l’armée algérienne. Ceci expliquerait sans doute le blocage des autorités de ce pays…

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  • Trente années plus tard

    Trente années plus tard

    Ce jour du 20 octobre est un jour particulier. Non point celui de la naissance de quelqu’un d’illustre ni même celui d’une bataille célèbre (combien de ces dates devions-nous apprendre par cœur, jadis), mais le jour anniversaire de mon entrée dans la grande famille (disions-nous antan) de l’Education nationale.

    L’an dernier l’émotion était déjà au rendez-vous à l’évocation de ce moment particulier. Mais cette année ça tombe juste ! Trente petites années après… Un petit regard derrière moi s’impose.

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    Ce 20 octobre 1983, j’avais pris le train très tôt le matin à la gare de Molsheim (le permis de conduire n’était pas encore d’actualité). Il faisait encore nuit. Sélestat, tout le monde descend ! Je pris la direction sud-ouest et sortais de la gare SNCF. Je rejoignis l’avenue de la Gare (évidemment) durant 150 mètres avant de prendre à droite durant 87 mètres. Il faisait froid ; la nuit était toujours là. Je tournais alors légèrement à gauche sur la D1059, une trentaine de mètres plus loin, avant d’aborder les prochains 600 mètres de la Départementale 1083. J’arrivais alors, quelques instants plus tard, rue Schwilgué ; je marchais 130 mètres avant d’arriver rue Aristide Briand dont je parcourus 64 mètres. Les premières lueurs du jour commençaient à paraître. Je pris alors à gauche et, 78 mètres plus tard, j’arrivais à l’adresse de destination : « 1 rue Froehlich – 67604 Sélestat », devant l’imposante bâtisse de l’Ecole normale d’instituteurs !

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    Quelques futurs collègues étaient déjà là. Nous nous connaissions déjà, pour la plupart : les trois sessions du concours d’admission n’étaient pas si loin et toutes les épreuves avaient créé des liens. L’accueil fut sympathique. Quel endroit ! Moment officiel : l’accueil de la directrice, Mme Marie MAES (dont je me souviens encore assez bien). Après un moment à dominante administrative, en avant pour la présentation des salles de cours, de la salle de sciences, de la salle de musique, du réfectoire, de l’école d’application qui jouxtait l’Ecole normale, bref : une journée fort chargée. Le moment de rentrer était déjà là. Nous avions fait connaissance avec cette École où nous allions passer trois ans. Je serais heureux de revoir cet imposant bâtiment qui avait cessé d’être « École normale d’instituteurs » depuis longtemps. Lors d’un prochain séjour en Alsace, sans doute.

    Je rentrais comme j’étais arrivé : en train, dans le froid et sous un ciel quasi nocturne. Je n’avais pas vingt ans. Quelques mois auparavant je passais mon bac. Il y avait à présent ces doutes, cette inquiétude, cette inconscience aussi ; ainsi se matérialisait la transition entre la fin d’une confortable adolescence et le début d’une vie professionnelle. Nous étions alors devenus « élèves-instituteurs ».

    Et voilà, trente petites années plus tôt !

  • It’s only mystery

    It’s only mystery

    Il y a quelques jours, sur l’une des innombrables chaînes qu’on nous propose aujourd’hui, j’ai eu la surprise de revoir Subway. Ce film réalisé par Luc Besson en 1985. Isabelle Adjani, Christophe Lambert, et cette musique d’Eric Serra… Un passage m’avait particulièrement marqué : celui où l’on découvre le chanteur Arthur Simms interpréter « It’s only mystery ». Quelle séquence !

    [dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xahtq_arthur-simms-it-s-only-mystery_music[/dailymotion]

    Arthur Simms connut son plus grand succès avec cette chanson de la BO de Subway. On peut lire de lui qu’il forma, avec son frère John, un duo qui accompagnait Michel Jonasz. La carrière d’Arthur Simms fut brillante, mais si courte : il mourut du Sida en 1987, à l’âge de34 ans (son frère John le rejoindra en 2008).

    Dire que j’ai pu voir ce film lors de sa sortie en salle (oui, une chose que les moins de presque trente ans n’ont pas pu connaître), dans un cinéma qui n’existe d’ailleurs plus : c’était celui de Molsheim qui se trouvait alors non loin de la mairie, à la place duquel on trouve depuis un club de remise en forme (doit-on y voir une quelconque relation de cause à effet ?). :0)

    Comme le temps passe. Et ces souvenirs qui surgissent au hasard de sollicitations diverses comme un film et une chanson…

    It’s only mystery.

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  • 18 septembre 1981 – Abolition de la peine de mort

    18 septembre 1981 – Abolition de la peine de mort

    C’était il y a trente-deux ans : l’abolition de la peine de mort en France.

     » Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j’ai l’honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France.

    En cet instant, dont chacun d’entre vous mesure la portée qu’il revêt pour notre justice et pour nous, je veux d’abord remercier la commission des lois parce qu’elle a compris l’esprit du projet qui lui était présenté et, plus particulièrement, son rapporteur, M. Raymond Forni, non seulement parce qu’il est un homme de coeur et de talent, mais parce qu’il a lutté dans les années écoulées pour l’abolition.

    Au-delà de sa personne et, comme lui, je tiens à remercier tous ceux, quelle que soit leur appartenance politique qui, au cours des années passées, notamment au sein des commissions des lois précédentes, ont également oeuvré pour que l’abolition soit décidée, avant même que n’intervienne le changement politique majeur que nous connaissons. Cette communion d’esprit, cette communauté de pensée à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui est ouvert aujourd’hui devant vous est d’abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d’entre vous procèdera l’engagera personnellement.

    Raymond Forni a eu raison de souligner qu’une longue marche s’achève aujourd’hui. Près de deux siècles se sont écoulés depuis que dans la première assemblée parlementaire qu’ait connue la France, Le Pelletier de Saint-Fargeau demandait l’abolition de la peine capitale. C’était en 1791. » (…)

    Robert Badinter, garde des Sceaux, Assemblée nationale, première séance du 17 septembre 1981. (Source Assemblée Nationale)

    « Extraits de la déclaration de Robert BADINTER, ministre de la Justice et garde des Sceaux, à l’Assemblée nationale, demandant l’abolition de la peine de mort. Il montre comment cette loi va dans le sens de l’histoire de France et explique pourquoi la peine de mort n’a aucune valeur dissuasive. »

    « L’Assemblée nationale a adopté »…

  • Exposition « Redécouvrir Jean Moulin »

    Le 21 juin dernier, nous rendions déjà hommage à ce grand homme lors des célébrations du 70e anniversaire de son arrestation.

    Un peu plus de deux semaines plus tard, le 8 juillet, il trouvait la mort.

    Ce 8 juillet 2013, journée de mémoire, nous est proposée une exposition particulière qui permet de découvrir d’autres dimensions de ce héros de l’ombre.

    « Le 8 juillet 1943 il y a tout juste soixante-dix ans – Jean Moulin, torturé par les nazis, mourrait des suites de ses blessures dans le train qui l’emmenait vers l’Allemagne. 70 ans après, on célèbre le héros de la Résistance, mais aussi l’artiste et grand amateur d’art. Une facette méconnue à découvrir ou redécouvrir jusqu’à fin décembre au Musée Jean Moulin à Paris.« 

    Exposition « Redécouvrir Jean Moulin » – Collections inédites, jusqu’au 29 décembre 2013 – Musée Jean Moulin à Paris.

    (Lire la suite de l’article sur http://culturebox.francetvinfo.fr >>>)

    Par ailleurs, ce jour de triste anniversaire a été dévoilée par le Maire Bertrand Delanoë une plaque en hommage à Jean Moulin (12, rue Cassini, Paris 14) :

    Jean Moulin, 8 juillet 1943

  • Une histoire de trésor…

    La synagogue Tempel - Cracovie

    Il y a très longtemps, dans la ville de Cracovie, vivait un vieillard pieux et généreux qui s’appelait Izy. Plusieurs nuits de suite, il rêva qu’il allait à Prague et arrivait sur un pont au-dessus d’une rivière.

    Il rêva que sur l’une des berges de la rivière, sous le pont, se trouvait un bel arbre feuillu. Il rêva que lui-même creusait un puits à côté de l’arbre et que, de ce puits, il sortait un trésor qui lui apportait bien-être et tranquillité pour le restant de ses jours.

    Au début, Izy ne lui accorda que peu d’importance. Mais, comme ce rêve se répéta pendant plusieurs semaines, il l’interpréta comme un message et décida qu’il ne pouvait ignorer ce renseignement qui lui venait de Dieu – ou allez savoir d’où – pendant son sommeil.

    C’est ainsi que, se fiant à son intuition, il chargea sa mule en vue d’un long voyage et se mit en route pour Prague.

    Au bout de six jours de marche, le vieillard arriva à Prague et se mit en quête du pont qui enjambait une rivière aux abords de la ville.

    Il n’y avait pas trente-six rivières, ni trente-six ponts, aussi découvrit-il rapidement l’endroit qu’il cherchait. Tout était exactement comme dans son rêve : la rivière, le pont et, sur l’une des berges, l’arbre sous lequel il devait creuser.

    Un seul détail ne figurait pas dans le rêve : jour et nuit, le pont était gardé par un soldat de la garde impériale.

    Izy n’osait pas creuser tant que le soldat était là; il campa donc près du pont et attendit. La deuxième nuit, le soldat commença à suspecter cet homme qui campait près du pont, aussi s’approcha-t-il pour l’interroger.

    Le vieil homme, ne trouvant aucune raison de lui mentir, lui raconta qu’il était venu d’une ville très lointaine parce qu’il avait rêvé qu’à Prague, sous un pont comme celui-ci, était enfoui un trésor.

    Le garde se mit à rire aux éclats.

    « Tu as voyagé longtemps pour une chose stupide, lui dit-il. Depuis trois ans, je rêve toutes les nuits que dans la ville de Cracovie, sous la cuisine d’un vieux fou nommé Izy, est enterré un trésor. Ah, ah, ah ! Crois-tu que je devrais aller à Cracovie chercher cet Izy et creuser dans sa cuisine ? Ah, ah, ah ! »

    Izy remercia aimablement le garde et s’en retourna chez lui.

    En arrivant, il creusa un trou dans sa cuisine et découvrit le trésor qui avait toujours été enterré là.

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    Le philosophe Heinrich Zimmer (1890-1943) fit un commentaire de ce conte :

    « En fin de compte, le véritable trésor pour mettre fin à notre misère et à nos épreuves n’est jamais très loin ; il n’y a pas à le rechercher dans une région lointaine ; il est enterré au plus profond recoin de notre propre demeure, c’est à dire de notre propre être. Et il repose derrière le poêle, le centre qui donne la chaleur et la vie, notre cœur.

    Nous le trouverions, si seulement nous creusions. Mais force est de constater que ce n’est souvent qu’après un long détour que la signification de la voix intérieure qui guide notre quête se révèle à nous »