Si belles, si fragiles…
Mignonne, allons voir si la rose
A Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Pierre de RONSARD (1524-1585)


Roses écloses du jour.. Touches de couleurs délicates dans ce printemps naissant…
Merci. Merci pour cette poésie. Merci pour cette beauté simple mais tellement éclatante…
Quelle belle alliance : poésie et roses capturées l’espace d’un instant. Beauté et délicatesse.
Merci