« Il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. » (Friedrich Wilhelm Nietzsche.)

La plus belle des créations de l’Homme


Tant de choses ont été dites ou écrites à propos de cet acte barbare innommable – encore un ! – qui a frappé aveuglément un grand de la littérature, Salman Rushdie. Nul besoin de revenir sur les circonstance de cette agression horrible. Ni sur les multiples analyses qui en ont découlé. Le dégoût en est à son comble.

Notre intention est de vous faire découvrir ces magnifiques mots d’une réalisatrice d’origine iranienne : Abnousse Shalmani. Mais d’abord, une petite présentation s’impose.

Abnousse Shalmani en 2018 (Wikipedia) CC BY 3.0

« Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani s’exile à Paris avec sa famille en 1985. Après des études d’histoire, elle emprunte la voie du journalisme puis de la production et de la réalisation de courts-métrages avant de revenir à sa première passion, la littérature ». (Radio France)

« En 2014, elle publie, sous le titre « Khomeyni, Sade et Moi », un livre où elle évoque sa petite enfance sous la férule des femmes-corbeaux (les gardiennes de la morale, toutes de noir vêtues), du chef en noir et blanc (surnom qu’elle donne à Khomeini) et dit sa colère lorsqu’elle découvre en France des femmes enfoulardées, portant le voile islamique contre lequel elle luttait dans son pays qu’elle a dû fuir ». (Wikipedia)

Revenons à présent à ce qui nous préoccupe ; la réalisatrice Abnousse Shalmani a écrit ces lignes, alors que Salman Rushdie venait d’être poignardé :

« À l’heure où j’écris ces lignes, Salman Rushdie, a été poignardé au cou, sur scène, alors qu’il s’apprêtait à tenir une conférence LITTÉRAIRE. L’aveuglement et la surdité intellectuelle vis-à-vis de l’islamisme s’étant répandus, j’use, comme les petits fascistes des réseaux sociaux, de majuscules pour bien me faire comprendre. Pour annoncer ce qui est déjà une tragédie, la majorité des journaux ont tenu a rappeler doctement que le plus grand écrivain du réalisme magique avec Gabriel Garcia Marquez était sous le coup d’une fatwa depuis 1989, édictée par l’ayatollah Khomeiny, en précisant que c’était à cause du blasphème qu’il avait commis avec le chef d’oeuvre qu’est Les Versets Sataniques (qualifié d’ouvrage « controversé » dans une dépêche AFP).
Alors que Salman Rushdie est encore entre la vie et la mort, on prépare déjà le terrain aux excuses islamistes, en faisant sonner la petite musique devenue si familière : il l’a quand même un peu cherchée à la pointe d’une plume, cette condamnation à mort. (…)
Ce qu’a accompli Salman Rushdie avec « Les Versets Sataniques », est un retour aux sources de la tradition islamique, que les islamistes s’évertuent à détruire depuis le XIe siècle. (…)
« La disparition progressive de la tradition islamique de l’ijtihad ou d’interprétation personnelle a été un des désastres culturels majeurs de notre époque, qui a entraîné la disparition de toute pensée critique et de toute confrontation individuelle avec les questions posées par le monde contemporain », nous apprend Edward W. Saïd dans sa préface de « L’Orientalisme ». Ce que Rushdie a transgressé, c’est cet interdit : la fin de l’interprétation personnelle. (…)
La transgression de Rushdie l’écrivain est en fait un retour à la loi originelle, un acte d’amour et un gage d’avenir.

C’est avec une émotion qui me serre la gorge, que je lève mon verre alcoolisé en guise de soutien, en espérant que Salman Rushdie échappe à la mort qui est soudain apparue sur scène alors qu’il s’apprêtait à grandir un peu plus les Hommes avec la plus belle de ses créations : la LITTÉRATURE. »

Chère Abnousse Shalmani, merci.

Bibliographie de Salman Rushdie

ROMANS

  • « Grimus », J.C. Lattès, 1977 (en) « Grimus », 1975, science-fiction
  • « Les Enfants de Minuit » (en) « Midnight’s Children », 1981, Prix Booker
  • « La Honte » (en) « Shame », 1983
  • « Les Versets Sataniques » (en) « The Satanic Verses », 1988
  • « Le Dernier Soupir du Maure » (en) « The Moor’s Last Sigh », 1995
  • « La Terre Sous Ses Pieds », Plon, 1999 (en) « The Ground Beneath Her Feet », 1999
  • « Furie » (en) « Fury », 2001
  • « Shalimar le Clown » (en) « Shalimar the Clown », 2005
  • « L’Enchanteresse de Florence », Plon (en) « The Enchantress of Florence », 2008
  • « Deux Ans, Huit Mois et Vingt-Huit Nuits », Actes Sud, 2016 (en) « Two Years Eight Months and Twenty-Eight Nights », 2015
  • « La Maison Golden », Actes Sud, 2018 (en) « The Golden House », Random House, 2017
  • « Quichotte », Actes Sud, 2020 (en) « Quichotte », Random House, 2019, trad. Gérard Meudal
Essais
  • « Le Sourire du Jaguar » (en) « The Jaguar Smile : A Nicaraguan Journey », 1987
  • « Patries Imaginaires » (en) « Imaginary Homelands : Essays and Criticism », 1981-1991, 1992
  • « Franchissez la Ligne » (en) « Step Across This Line : Collected Nonfiction » 1992-2002, 2002)
Littérature d’enfance et de jeunesse
  • « Haroun et la Mer des Histoires » (en) Haroun and the Sea of Stories, 1991
  • « Lukas et le Feu de la Vie », Plon (en) Luka and the Fire of Life, 2010

Bibliographie et productions d’Abnousse Shalmani

Essais
  • « Khomeiny, Sade et Moi », Grasset, 2014, 336 p.
  • « Éloge du Métèque », Grasset, 2019, 198 p.
Romans
  • « Les Exilés Meurent Aussi d’Amour », Grasset, 2018, 400 p.
Films
  • 2007 : « La Dictionnaire » (réalisatrice), court métrage
  • 2005 : « Paris, la métisse » (co-réalisatrice), long métrage

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